Tribunes
Le dé-place-ment de Maurice Barrès
À peine avais-je quitté la capitale pour, selon le mot du Soldat du Vivarais, « cueillir les douceurs » que trouvent « les uns dans la vie champêtre, les autres dans la pratique des conversations honnêtes qui sont ordinaires aux personnes de qualité et notamment en Vivarais », à peine avais-je quitté la capitale, donc, après avoir ramené ma petite voiture des Enfers, un sinistre sous-sol dissimulé sous l’avenue du Bois, où l’on séquestre les innocents véhicules garés à leur place habituelle pour en punir les propriétaires qui ne sont pas attentifs aux panneaux très discrets annonçant de menus travaux de voirie – et le ressentiment qui pourrait percer à travers les lignes qui suivent contre la personne du maire n’a évidemment rien à voir avec cet épisode –, à peine avais-je quitté la capitale, enfin, que le lendemain même le maire de Paris annonçait dans le journal Libération sa volonté de débaptiser la place Maurice Barrès.