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Dans les pattes de Gabriel Attal

Le récit de son toutou. Il n’est pas utile d’être partisan de Gabriel Attal pour lire cette bande dessinée. Impossible pour autant d’attendre 2027 pour découvrir les aventures de son chien Volta, que narre l’amusant reportage dessiné que les éditions Les Nouveaux Editeurs – Point Nemo ont eu la bonne idée d’éditer en cette rentrée littéraire.

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Dans les pattes de Gabriel Attal

Dans les années 1990, un auteur aussi facétieux qu’anonyme avait inventé, sur le modèle des Verbatim de Jacques Attali, qui racontait ses relations avec François Mitterrand, plusieurs volumes d’Aboitim : les souvenirs que Baltique, le chien du président socialiste, racontait à l’envi à ses lecteurs. Cet amusant pastique a probablement inspiré Victoria Grenier, l’autrice complète de l’album Dans les pattes de Gabriel Attal. La très résistible ascension de ce jeune politicien y est en effet vue via l’œil de sa charmante chienne Volta. L’adorable toutou nous raconte tout ! Que son maître fut Secrétaire d’État, ministre de l’Éducation, Premier ministre (le plus jeune jamais nommé), président de groupe parlementaire, puis chef de parti… jusqu’à candidat à la présidence de la République… Elle sait tout de lui et conte les mésaventures de ce jeune homme pressé que la vie politique n’épargne pas et qu’il n’hésite pas non plus à égratigner.

Volta est aidée dans son entreprise par… le fantôme de Baltique, qui lui prodigue conseils et anecdotes… dans le but de permettre au maître de cette gentille toutoune d’accéder au poste suprême. François Mitterrand aurait-il encouragé Gabriel Attal de son vivant ? Nul ne peut le dire, tant les temps ont changé. Mais le Président avait dispensé ses leçons de pouvoir en même temps, machiavéliquement, à Edouard Balladur et Jacques Chirac – sans doute amusé à l’époque par le combat qui opposa les amis de trente ans.

Gabriel Attal est l’élu (dans les yeux de sa chienne)

Notre bande dessinée assez imposante joue sur le même registre qu’Aboitim : l’humour. Le dessin, une ligne claire simple et efficace, sert admirablement le propos : Gabriel Attal est l’élu (dans les yeux de sa chienne). Même s’il accumule les bourdes, les moments gênants ou les grandes envolées. On est loin du président du Conseil Gabin dans Le Président (d’après Simenon), bien évidemment, mais on n’est pas si loin des aspirations d’un Fabius dans les grandes heures du premier septennat mitterrandien.

La lecture de cette bande dessinée est hautement recommandée en cette période préélectorale. On apprend énormément de choses sur la vie d’un Premier ministre centriste ambitieux à Matignon. Les anecdotes sont narrées avec humour et un dessin qui ne laissera pas indifférents les amateurs de beau dessin dans l’esprit simple de la Ligne claire ou du style Atome. Il enrichira le débat qui vise à déterminer qui, d’Edouard Philippe ou de Gabriel Attal, sera à même de remporter la présidentielle de 2027 sous les couleurs, pourtant blafardes, de l’héritage d’Emmanuel Macron, à savoir un centrisme de bon aloi que même François Bayrou n’aurait pas osé imaginer. Le livre raconte tout cela, et surtout un peu plus. Volta n’imagine pas les mille bistrots que veut arpenter son maître – le livre, pourtant au fait des toutes dernières anecdotes consacrées à G. Attal, est sorti trop tôt. Mais les facéties de la chienne, en écho à celles du politicien candidat, ne nous laissent pas indifférents. Même lorsque G. Attal aura disparu du paysage politique français, on pourra relire, comme un bon Cabu des années 70, la farce que Volta raconte. À ne pas rater, donc. 

Victoria Grenier, Dans les pattes de Gabriel Attal. Point Nemo, 2026, 144 p., 22,90 €

 


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