France
Au pays des vaches sacrées, le 1er mai
Pendant que les feux de la guerre ravagent la planète, que le retour des empires met fin à l’ordre international, la France chipote sur le travail le jour du 1er mai.
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Quand on rencontre, en ce deuxième quart du XXIe siècle à peine entamé, un type (ou une typesse) cultivé, poli, sensible aux arts et à la vérité, on se frotte les yeux, on se pince le gras du bras, on n’en revient pas, on tombe sur le cul.
Ce type (ou cette typesse) est la preuve accablante de la faillite de l’Éducation Nationale. C’est consternant. Depuis quarante, cinquante ans que l’Éducation Nationale cherche à fabriquer des ahuris qui votent bien, tomber sur quelqu’un (ou quelqu’une) d’instruit (ou d’instruite), de fin, de subtil, au vocabulaire varié et approprié, est renversant, accablant. Depuis quarante, cinquante ans, on a tout fait pour ahurir la population scolaire, étudiante. On a gracieusement donné le bac à 95 % d’entre elle, de telle sorte que seuls les 5 % de finauds restants sont capables d’échouer. On a fait tout son possible pour tuer le goût du travail, de l’étude, de l’effort, de l’attention servile à un prof sous-payé. On a exigé de ces profs sous-payés et parfois punching-balls de parents en colère de ne plus enseigner, d’écouter les élèves divagants, de participer avec eux à des parlotes informelles. On a enseigné l’histoire sans chronologie, les lettres sans auteurs et les autres matières à l’avenant.
Et voilà le résultat ! Il subsiste malgré tout de rares olibrius (ou olibria) qui vous écœurent par leur culture, leur finesse, leur gentillesse, leur urbanité. Mais peut-être ont-ils échappé à l’Éducation Nationale, ont-ils subi des cours particuliers, clandestins, fascistes dans des écoles suspectes ? Quelques-uns (ou quelques-unes), oui, sans doute. Mais il subsiste de ces phénomènes déplorables qui ont fréquenté des lycées ou des facs tout ce qu’il y a de plus officiels et qui s’opiniâtrent à être cultivés, intelligents. Je vous le répète : c’est à se taper le cul par terre.
Illustration : Gabriel Attal, un type éduqué mais pas intelligent. C’est rassurant.
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