Tribunes
SCÈNE ORDINAIRE DE LYCÉE
L’inspectrice pédagogiste dit :
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La campagne est ouverte ! Sous nos yeux naïfs le défilé commence, pittoresque et coloré ! Voici tout d’abord une sorte de Bacchus vintage, qui n’oublie pas d’être ivre, mais d’une ivresse plutôt agressive :
Il est plaisant comme une escarre
Ou un rejeton de Mégère ;
Les idoles de ce barbare ?
Les sieurs Santerre et Robespierre.
Dénoncer, condamner, proscrire,
Tels sont les talents de ce sbire,
Qu’une laide obsession dévore…
Depuis si longtemps, il pérore,
Etale son quart de culture,
Avec ce ton de matamore
Voudrait asseoir sa dictature !
Il est suivi par un cortège de bacchantes, qui hurlent et vitupèrent ; en voici deux spécimens :
Apre tricoteuse dans l’âme,
La guillotine est son poëme,
T’allongerait bien sous sa lame !
Confond Nil et Jourdain ; de même,
Mélange politique et crime,
N’a que mépris pour la victime.
C’est un gros pépin sans pomme !
Acre comme un sirop de gomme,
Son être est un amas d’écume,
Ne vous en approchez pas, brave homme,
Mieux vaut attraper un gros rhume !
Air BCBG, mais œil vache,
C’est une méchante pimbêche
Experte en « à peu près » qui fâche
Pleine de venin, elle prêche,
Bien docile, comme un caniche
A ce que LFI affiche.
Calomnie à ras la sacoche,
Son esprit est grimace moche,
Sur rien sa vanité se juche.
C’est un personnage fantoche,
Une prétentieuse baudruche…
Dieu merci, la république est peut-être sauve, car vient à pas comptés derrière ces énergumènes, une vieille connaissance, notre Philémon de Tulle, avec des afféteries de Raminagrobis.
Il tient du tabellion roublard,
Bien retors et qui en est fier ;
Il sourit d’un air égrillard,
Se croit profond comme la mer,
N’a que vanité à offrir,
Et blagounettes pour finir.
Avec les pires trouve accord,
L’intérêt est son grand ressort.
Pour les humbles son ?il est dur,
Mais pour sa douce il perd le Nord
Et va de nuit sauter son mur
Rassurez-vous, ami lecteur, le cortège des prétendus ne fait que commencer…
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