Les Français adorent mâchouiller les mots anglais avec une prononciation anglaise (ou américaine) approximative. Ils ne disent pas « Vachinston » pour la capitale des États-Unis, mais « Ouachingtonne » et pas « Néviorque » comme disait Maurice Chevalier, mais « Nouille-orque ».
(AP Photo/Chris Pizzello)/CAAP201/26062691007395/030326132615, 21334631,/2603032014
Ils poussent ce souci jusqu’à prononcer des mots pas du tout anglais, mais d’un autre peuple, à l’anglaise. C’est manifeste avec le prénom Peter. Ils affublaient le coureur cycliste slovaque Sagan du prénom de Piteur, alors qu’en slovaque ce doit être autre chose. Quand le Peter est allemand, c’est encore Piteur, alors qu’en allemand, ça se prononce quelque chose comme « Péta ». C’est pourtant plus explosif.
Même chose avec l’arabe et singulièrement avec le h si fréquent en arabe. Pour le Hamas, ils disent le « Rrramas » avec des r très gutturaux, très utiles pour expulser les mucosités qui encombrent le fond de la gorge. Même chose avec le prénom Mahmoud, qu’ils prononcent « Marrrmoud ».
On les comprend, ils aiment beaucoup parler la langue des vainqueurs. Mais jamais il ne leur viendrait à l’idée de prononcer du finlandais à la finlandaise, du javanais à la javanaise et encore moins du flamand à la flamande. Ce serait dangereux. À la bataille des Éperons où les Flamands flanquèrent une pile aux Français, quand un Français défait traînait sur le champ de bataille (il n’y avait pas encore d’uniformes en ce temps-là) on lui demandait de prononcer le mot « Schelde » (l’Escaut). Impossible pour une gorge française et toc, un coup de massue sur la caboche.
Comme la Pologne et l’Italie nous ont plus ou moins dépassés, nous prononcerons bientôt les mots polonais à la polonaise, nous réclamerons une « pittssa » et du vino nobile de Montepulciano en mettant un peu partout l’accent tonique à l’italienne. On pètera de fierté de si bien prononcer.
Politique Magazine existe uniquement car il est payé intégralement par ses lecteurs, sans aucun financement public. Dans la situation financière de la France, alors que tous les prix explosent, face à la concurrence des titres subventionnés par l’État républicain (des millions et des millions à des titres comme Libération, Le Monde, Télérama…), Politique Magazine, comme tous les médias dissidents, ne peut continuer à publier que grâce aux abonnements et aux dons de ses lecteurs, si modestes soient-ils. La rédaction vous remercie par avance. 