Tribunes
1. La glu qui tache
Il y a désormais, dans la langue publique, une odeur. Une odeur de salle d’attente, de linge tiède, de morale faisandée. L’on y parle avec des gants, l’on y pense avec des béquilles, l’on y marche sur la pointe de l’âme. Ce n’est plus une langue vivante : c’est une langue sous perfusion, administrée par des infirmiers du Bien, des garde-malades de la pensée, toute une domesticité satisfaite qui confond la conscience avec le règlement intérieur.