Recevez la lettre mensuelle de Politique Magazine

Fermer
Facebook Twitter Youtube

Article consultable sur https://politiquemagazine.fr

L’ANGOISSE SE PORTE BIEN

Dans les années 60, on avait très peur de la bombe atomique.

Facebook Twitter Email Imprimer

L’ANGOISSE SE PORTE BIEN

Des gens vous abordaient dans la rue pour vous convaincre d’avoir peur. La déflagration définitive était imminente. On allait cramer comme à Hiroshima. Quatre pays avaient la bombe, c’était effrayant. Khroutchev se déchaussait à l’ONU et tapait sur la table avec sa godasse. Kennedy, après un tête-à-tête avec Marilyn Monroe, braillait : « Ich bin ein Berliner. » La peur montait d’un cran.

Et puis, on ne sait pas pourquoi, on ne sait pas comment, cette peur-là décrut, puis disparut. S’était-on avisé qu’il n’y avait que quatre puissances à jouir de la bombe, qu’elles s’équilibraient, se neutralisaient ? Même pas. La mode était passée. Les quatre puissances devinrent huit, dix, on ne savait pas. Certaines avaient à leur tête des demi-cinglés et des trois-quarts fous, mais on n’avait plus peur. Finie cette peur-là.

Une autre angoisse était apparue, qui fut plus durable. Elle était multiple, multiforme, portait plusieurs noms. Tantôt elle s’appelait réchauffement climatique, tantôt dérèglement climatique, tantôt urgence climatique (urgence ! houla ! grande peur ! terreur absolue !). Tantôt c’était causé par des trous dans la couche d’ozone, tantôt par de vicieux gaz à effet de serre. La planète allait mourir, il ne fallait plus faire d’enfants, à forte empreinte carbone, grands producteurs de gaz à effet de serre, sous le regard hautain et courroucé des éoliennes. La planète allait mourir, probablement exploser. On criait partout : « Il faut sauver la planète ! »

Les gens ont besoin d’avoir peur. Le danger léger crée de charmants frissons ; celui qui en parle avec trémolos se prend pour un prophète ; il vaticine avec volupté. Quand il y a un danger réel, on peut toujours se mettre la tête dans le sable.

 


Politique Magazine existe uniquement car il est payé intégralement par ses lecteurs, sans aucun financement public. Dans la situation financière de la France, alors que tous les prix explosent, face à la concurrence des titres subventionnés par l’État républicain (des millions et des millions à des titres comme Libération, Le Monde, Télérama…), Politique Magazine, comme tous les médias dissidents, ne peut continuer à publier que grâce aux abonnements et aux dons de ses lecteurs, si modestes soient-ils. La rédaction vous remercie par avance.

Facebook Twitter Email Imprimer

Abonnez-vous Abonnement Faire un don

Articles liés