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À la lumière de l’Ukraine

Ce qui est fascinant, dans la guerre russo-ukrainienne, c’est la manière dont l’Occident prétend se réveiller en plein cauchemar guerrier.

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À la lumière de l’Ukraine

Comme si le Yemen, la Syrie, l’Irak, sans parler de la Serbie, n’avaient jamais été que des épisodes obscurs, des détails, des erreurs, des hoquets, de parfaits exemples de « oui mais ce n’est pas pareil ». Comme si l’Occident n’y avait jamais mis la patte, la main ou le bras tout entier.

C’est pareil mais c’est chez nous, ou presque ; ça inquiète, forcément. Mais tout le monde se précipite sur l’aubaine. Les uns pour exiger plus d’Union européenne, puisque c’est elle qui, sous contrôle allemand, a laissé croître la Russie en même temps qu’elle a tout fait pour renoncer à la puissance (voir enfin Merkel contestée, si injuste que cela puisse être, est une joie). Les autres pour exiger plus d’Otan, autrement dit plus d’États-Unis, puisque c’est eux qui ont tout fait pour que la Russie soit tenue à bout de gaffe : les voilà en passe de réussir à nous asservir militairement, financièrement et énergétiquement (ce que veut sans doute dire “plus d’Union européenne”). Certains pour vanter la Russie et ses valeurs : outre que le pays a très rapidement adopté le pire du capitalisme, greffé sur le pire du communisme, il n’apparaît pas que Poutine mène la guerre d’une manière valeureuse. Pour autant qu’on sache, il y a du sang, des larmes, de la boue, des saletés, des morts, des calculs et des mensonges, et les GPA russes valent bien les GPA ukrainiennes, et les discours de Kirill nous font tristement penser que les communistes asservirent l’Église. D’autres encore se tournent vers l’histoire : l’Ukraine n’est pas neuve, son cours a été terriblement contrarié, la voici qui resurgit comme nation – et on est à deux doigts de réhabiliter les nationalistes, pourvu qu’ils ne soient pas Français – et nous assistons à l’accouchement. D’autres, enfin, s’ébrouent au milieu des sanctions, faisant fi de la liberté de la presse, incriminant Tolstoï, se délectant à l’idée d’être appauvris (la guerre étant sanctifiée comme accélérateur de transition énergétique), et considérant comme de vulgaires péripéties, inexistantes face aux enjeux des valeurs (celle de l’Occident des Lumières), tous les effets pervers des sanctions, qui pénalisent d’abord et durablement notre pays, son agriculture, son industrie, ses entreprises. Bref, l’Ukraine est le grand révélateur.

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