Recevez la lettre mensuelle de Politique Magazine

Fermer
Facebook Twitter Youtube

Article consultable sur https://politiquemagazine.fr

Castigat ridendo mores

Facebook Twitter Email Imprimer

Castigat ridendo mores

Les trissotins modernes sont bien pires que ceux de Molière : certes, comme eux, ils emploient un jargon prétentieux et abscons. Comme eux, à de rares exception près, ils sont extraordinairement bouffis de cuistrerie et de vanité satisfaite ; mais en plus, nos modernes imposteurs sont de tristes suppôts de Mammon, et leurs entreprises ont pour objectif essentiel de conquérir des parts de marché dans la foire au pseudo-art contemporain. Fait aggravant, leur invasion de l’espace public, villes, jardins, musées, monuments historiques, est une véritable pollution non seulement visuelle, mais aussi esthétique et morale, qui prive les artistes authentiques de la place qui devrait leur revenir.

Une des meilleures répliques à opposer au ridicule mâtiné d’odieux, Molière le savait bien, consiste à en rire d’un bon rire franc et robuste. Nicole Esterolle nous en fournit une excellente occasion avec son ABC de l’art dit contemporain. Cet ouvrage se présente comme un dictionnaire de 92 rubriques traitées avec une verve rabelaisienne réjouissante ; le jargon des imposteurs et de leurs gogos est bien sûr abondamment moqué, mais aussi les protagonistes eux-mêmes, car il y a des noms et des volées de bois vert, pour notre plus grand plaisir.

Enfin ce livre ne fait pas seulement rire, car le fil des pages propose au lecteur une réflexion, ne serait-ce qu’a contrario, sur les rapports essentiels de l’art avec la vérité, le travail et le sens du sacré, d’où surgit la Beauté.

ABC de l’art dit contemporain,
Nicole Esterolle, Ed. Jean-Cyrille Godefroy, Septembre 2017, 237p. 18€

Facebook Twitter Email Imprimer

Abonnez-vous Abonnement Faire un don

Articles liés

Civilisation

Lire Le Caporal Épinglé

Lire Le Caporal Épinglé

Par Elie Detrèves

Je connaissais le nom de Jacques Perret par un hasard d’études : j’avais été sur les mêmes bancs que sa petite-fille, dont on m’avait dit que le grand-père était un écrivain, célèbre et sulfureux, et je me souviens d’une fête d’anniversaire rue de la Clef, la famille étant restée dans le même appartement, le même immeuble ou la même rue, cette rue de la Clef qui revient toujours dans Le Caporal Épinglé comme une brève mélodie, celle du bonheur perdu, de Paris, de la tendresse familiale et de la liberté qu’il faut retrouver.