Civilisation
Au service de l’art français
L’association Sauvegarde de l’Art Français fut créée en 1921 alors que la France, ruinée et en lambeaux, commençait à abandonner son patrimoine.
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Artus Film s’est, depuis longtemps, spécialisée dans la quête éclectique, la restauration et la remastérisation de bobines tombées dans l’oubli et, il faut bien le dire, intéressant particulièrement un public de niche comptant aussi bien les amateurs de giallos que de cinéma bis et d’exploitation – mais aussi de perles de série B telles, par exemple, L’étrange Mr Slade ou Le Pénitencier du Colorado.
Avec Parsifal, adaptation en pleine Espagne franquiste (1951) du célèbre opéra de Wagner, cette honorable maison ajoute un titre inédit à sa déjà riche et somptueuse collection d’œuvres spécialisées dans la redécouverte cinématographique du patrimoine européen (Guillaume Tell, La Vengeance de Siegfried, Les Chevaliers teutoniques). L’on ajoutera que le coffret est un « combo » DVD-Blu-ray assorti d’un livret de 80 pages rédigé par François-Xavier Consoli qui nous livre une fine exégèse du mythe, des anciens contes gallois (les Mabinogion) de Peredur, en passant par la célèbre version de Chrétien de Troyes, jusqu’au Parzival, poème épique de Wolfram von Eschenbach en 25 000 vers, sans oublier l’héroïque version lyrique de Wagner. S’agissant du film ici proposé du producteur catalan Daniel Mangrané, avec l’Uruguayen Gustavo Rojo dans le rôle-titre et la danseuse française Ludmila Tchérina dans celui de la mère/amante du héros, nous sommes en présence d’une œuvre aussi kitch qu’émouvante dans sa naïveté narrative. D’évidence, le personnage est une allégorie du Christ et l’on ne peut qu’être troublé de sa transfiguration dans les dernières vingt minutes du film. En dépit de quelques maladresses de cadrage, reconnaissons une certaine inventivité poétique dans une mise en scène quasi impressionniste (la scène des sept péchés capitaux est bien inspirée), elle-même portée par la sublime partition du maître de Bayreuth. Pendant de longues années, le film fut diffusé chaque Vendredi Saint en Espagne.

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