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L’horreur et aussi l’espoir, ensemble

Roman inclassable qui fleure bon le chef-d’œuvre en raison de la qualité exceptionnelle de l’écriture (et de sa traduction), son ambition spirituelle et spatio-temporelle et son côté universel, ce livre mérite d’être connu, lu, transmis, partagé.

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L’horreur et aussi l’espoir, ensemble

Couvrant cinq siècles d’histoire, Juan Gomez Barcena, auteur espagnol d’une quarantaine d’années, accomplit la prouesse de tenir, dans son quatrième roman, deux mêmes personnages qui se poursuivent et se fuient au sein d’une tragédie historique finement relatée par un procédé littéraire qui laisse coi, tant le passage du temps s’opère dans des quinzaines de jours qui sont autant de moments suspendus qui transcendent la temporalité sans que le lecteur y voie une rupture.

Pour autant, la quête de Juan, espagnol du Nouveau Monde, chargé par les autorités de trouver Juan, indien mexicain, est bien réelle pour le lecteur. Deux mondes que tout oppose, qui vont des alentours de Puebla jusqu’à la frontière des États-Unis et de son mur, où chaque personnage témoigne de son temps, des empreintes de l’histoire qui l’a façonné, forgé, où celui qui cherche arrête sa course sur une pointe d’éternité, et celui qui fuit incarne tour à tour les exclus, les rebelles, les assoiffés de Dieu, les tyrans, les proxénètes, les migrants.

Un tour de force littéraire qui mérite qu’on s’y attarde, afin de pouvoir « contempler dans le rétroviseur les ruines qui restent dans son dos et dans le pare-brise le destin qui les attend, l’horreur et aussi l’espoir, ensemble. »

 

Juan Gomez Barcena, Même les morts. Editions mf, 2025, 448 p., 24 €

 


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