Civilisation
Le moulin de la Galette (1876)
Œuvre d’Auguste Renoir (1841-1919)
Article consultable sur https://politiquemagazine.fr
Dans un récit très proche du carnet du voyage, l’auteur d’un livre de référence sur Benoît XVI (L’homme qui ne voulait pas être pape) et d’entretiens non moins exceptionnels avec le Cardinal Sarah (Dieu ou rien, La force du silence), nous entraîne avec Humilitas sur les traces des moines coptes, héritiers des premiers ermites et fondateurs du monachisme.
Les monastères, qui sont comme un ciel terrestre, écrivait Jean Climaque au VIIe siècle, sont nés dans les déserts égyptiens, lieux des plus grandes expériences spirituelles, et témoignages de ce désir de devenir étranger au monde dans l’attente de la rencontre définitive avec Dieu.
De ces ascètes dont les noms sont restés dans nos mémoires et sont vénérés par l’Église, Nicolas Diat cite et consacre plusieurs pages à Antoine le Grand dont la vie fut écrite par l’évêque d’Alexandrie Athanase, son contemporain. Le succès de cet ouvrage permit de conférer à cette vie recluse un statut, une vitalité morale et spirituelle, et de dater ainsi les débuts de la vie monachique au IVe siècle.
Si Antoine fut le fondateur des anachorètes, c’est à Pacôme que l’on attribue les débuts de la vie cénobite et à Macaire l’origine de la vie semi-anachorétique. Ces citoyens du Ciel, comme les décrit Athanase, ne cessent de nous interpeller par leur radicalité, leur désir d’union à Dieu qui les pousse vers une vie contemplative dépourvue de toute attache terrestre, dans un unique présent en vue de la perfection de l’âme.
Il n’est pas surprenant que Nicolas Diat ait souhaité porter ses pas au sein des monastères coptes, humer l’héritage de ces pères fondateurs qui se matérialise aujourd’hui dans l’Église orthodoxe. De Deir Mar Antoniosà Deir Abu Makar, de Deir El-Baramous à Deir El-Suryani, partout, écrit-il, « les mots des moines furent des baumes », « une anticipation du Ciel », « une proximité avec la sainteté ». Ce livre est un petit bijou pour celles et ceux qui veulent toucher du doigt la recherche d’un amour définitif à travers ces vies héroïques et solitaires.

Politique Magazine existe uniquement car il est payé intégralement par ses lecteurs, sans aucun financement public. Dans la situation financière de la France, alors que tous les prix explosent, face à la concurrence des titres subventionnés par l’État républicain (des millions et des millions à des titres comme Libération, Le Monde, Télérama…), Politique Magazine, comme tous les médias dissidents, ne peut continuer à publier que grâce aux abonnements et aux dons de ses lecteurs, si modestes soient-ils. La rédaction vous remercie par avance.