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Antoine Mellies : «Combattre l’exil des jeunes actifs français»

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Antoine Mellies : «Combattre l’exil des jeunes actifs français»

Après Racine et Marianne, le Rassemblement Bleu Marine va enregistrer la naissance d’un nouveau collectif : Audace. Visant un public de jeunes actifs entre 25 et 35 ans, son ambition est de faire participer les jeunes acteurs de la société civile à la production d’idées au sein de cette coalition. Dirigé par Antoine Mellies, conseiller municipal FN à Givors (69), le collectif Audace sera officiellement lancé lors d’un congrès le 18 octobre prochain.

Dans quel contexte votre collectif Audace s’est-il créé ?

Il part d’une prise de conscience de la réalité économique et sociale : notre génération est de plus en plus contrainte de faire carrière à l’étranger ou d’occuper des emplois qui ne correspond pas à son niveau d’étude. Il est également né d’un constat éthique. A savoir que de nombreux jeunes français manquent de repères identitaires pour avoir la volonté de rester et de réussir en France.

Pourquoi au Front national et pas dans un autre parti ?

Nous sommes rattachés au Rassemblement Bleu Marine, pas au FN. Du coup, parmi nos membres, on peut trouver des sympathisants du RBM, du FN mais aussi des personnes qui n’ont la carte d’aucun parti. Ce collectif, dans le sillon tracé par Marine Le Pen, cherche à répondre positivement à ceux qui soulèvent, de manière justifiée, la crise civilisationnelle et donc identitaire.

A qui vous adressez-vous ?

Principalement aux jeunes actifs, entre 25 et 35 ans. Qu’ils soient entrepreneurs, cadres ou professions libérale. Nous voulons les accompagner dans leurs parcours professionnels et les aider à rester en France pour développer leurs activités. Aujourd’hui, la capacité d’engagement de la jeunesse est beaucoup trop faible et c’est le rôle des politiques et des associations de redonner envie aux jeunes de rester en France. Beaucoup ne connaissent pas toutes les possibilités qu’offre notre pays et ne savent pas qu’il est toujours possible d’y réussir.

En réalité, vous voulez lutter contre la morosité des jeunes français ?

Oui. Et, surtout, lutter contre ceux qui entretiennent cette morosité. Certaines élites expliquent à longueur de journée que la France est trop petite, qu’elle ne compte plus vraiment dans le jeu de l’économie mondiale. Ce n’est pas le discours que nous tenons !

La difficulté de réussir en France n’est pas qu’un sentiment. C’est une vérité objective, en tout cas, en comparaison avec d’autres pays. Est-il vraiment honteux de vouloir réussir et que cette réussite passe par un départ à l’étranger ?

Les jeunes ont une conscience aigüe des problèmes français quand les générations précédentes étaient dans une forme d’insouciance, permise par une relative prospérité. Mais il nous faut réfuter de toutes nos forces l’individualisme qui semble parfois le seul moteur guidant les jeunes générations. Nous leur disons que le destin d’une personne est lié à celui de son pays. Si, un jour, toute une génération en prend conscience, la France se relèvera ! C’est pour cette raison que nous nous adressons aux jeunes actifs patriotes : ils ne sont pas seuls, nous sommes là pour les aider.

Comment le FN a-t-il accueilli votre collectif ?

Audace est un laboratoire d’idées au service de Marine Le Pen. Elle a approuvé sa création et attends maintenant que nous lui offrions des idées venues de la société civile pour nourrir son programme. Globalement, Audace a été bien accueillie au sein du mouvement.

Justement, quels seront vos premiers travaux pour nourrir les propositions de Marine Le Pen en microéconomie ?

Nous allons d’abord privilégier trois thèmes : le Made in France, l’entrepreneuriat et la formation professionnelle. Par exemple, il est tout à fait souhaitable que la France se lance dans la création d’incubateurs au sein des universités où les étudiants trouveraient de l’aide pour se lancer dans la vie professionnelle. Autre exemple : la mise en place de quotas pour les jeunes entrepreneurs français dans le cadre des marchés publics. Aujourd’hui, il est pratiquement impossible pour eux de remporter les appels d’offres : les dossiers à remplir sont beaucoup trop complexe.

Vous croyez vraiment pouvoir influencer et faire infléchir le FN sur ces thèmes économiques ?

En matière macroéconomique, le FN et Marine Le Pen disposent déjà d’un programme très complet. Il s’agit maintenant de faire remonter les idées venues de la société civile au sein du mouvement. D’une certaine façon, c’est une innovation dans la manière de faire de la politique. Les idées ne proviennent pas uniquement de nos géniaux cerveaux, mais d’abord de la réalité concrète, celle du terrain. Audace n’est pas un collectif de moralistes mais bien un groupe de jeunes actifs.

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