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Comment truquer heureusement les élections

Naguère, les moyens étaient rudimentaires.

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Comment truquer heureusement les élections

On pouvait acheter l’électeur : c’était peu sûr, car l’électeur corrompu pouvait très bien changer d’avis dans l’isoloir. On pouvait faire voter les morts : on voyait des squelettes sortir des tombeaux et faire la queue pour déposer leur bulletin dans l’urne ; ça donnait parfois des cauchemars. On pouvait comme, chez Stendhal, l’indique le père Leuwen, voir sur un bulletin un nom et en lire un autre, encore fallait-il qu’il n’y ait pas d’yeux dans les parages ou que ces yeux aient le même trouble de la vue que vous. Ce dernier moyen n’a toutefois pas disparu. Lors d’une des dernières élections, j’ai voulu voter pour une liste qui n’obtiendrait pas grand-chose, comme ça au moins mon vote serait signalé. Eh bien, qu’est-ce que je vois le lendemain dans le journal ? que ma liste a obtenu quoi ? zéro voix. J’imagine que les dépouilleurs, voyant mon étonnant bulletin, se sont récrié : « Il est fou, celui-là ! » et ont jeté le papier dans le tas des nuls. Ajoutons que de petites manipulations informatiques peuvent très bien aboutir à des lectures intéressantes.

Mais depuis, on a fait beaucoup mieux. L’élection de Joe Bedaine en Amerloquie nous montre de manière grossie, pour ne pas dire caricaturale, comment il faut faire. L’adversaire de Bedaine était Canard Trompe. Qu’est-ce qu’on a fait à Trompe pour le faire perdre ? On l’a interdit des réseaux sociaux, on lui a coupé le micro quand il pérorait sous le prétexte qu’il proférait des mensonges, etc. etc. Évidemment, pour nous Français, c’est un peu gros, nous sommes plus fins, plus subtils ; sur le coup, nous avons été un peu interloqués. Mais on nous a rassurés et quand les trompistes volés ont fait du raffut, on a été incité à dire qu’ils étaient vraiment très vilains de s’attaquer comme ça à saint Bedaine. La France n’est pas l’Amerloquie, mais les moyens sont les mêmes que chez ces balourds d’Amerloques, seulement nous sommes plus malins, il faut nous répéter cent fois, mille fois qu’Un Tel est un diable, qu’Une Telle est bébête et hop, ça y est.

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