Qui connaît Guillaume Brune, maréchal de France, serviteur de la Révolution, de la République et de l’Empire, c’est-à-dire de Napoléon qui le fit maréchal, mais ne lui garda pas sa confiance au grand désespoir de l’homme qui ne voulait, et ne savait au fond, que servir, malgré ses idées républicaines ?
A peine savait-on, du temps où on savait un peu d’histoire, qu’il était mort assassiné dans la ville d’Avignon le 2 août 1815, au moment de ce qui fut appelé la Terreur Blanche, par une foule en furie qui jeta son corps dans le Rhône. Florence de Baudus, spécialiste bien connue de l’histoire napoléonienne, de la famille et des familiers de Napoléon, comble aujourd’hui cette lacune, comme le remarquent Christian Amalvi et François Houdecek dans leurs préfaces respectives.
Avec toujours le même talent, Florence de Baudus trace une biographie attachante, car elle a l’art, dans la présentation des personnages qu’elle étudie, de mettre en valeur, au-delà des faits et des dates, la figure psychologique, le côté humain des protagonistes de l’histoire, qui semblent pourtant emportés par des destins qui les dépassent, Napoléon le premier, mais aussi bien Murat et tous les autres qui ont vécu leur vie dans le bouillonnement de l’époque.
La vie de Brune n’a rien d’extraordinaire. Il fait partie de ces hommes que la Révolution va promouvoir quand elle ne va pas les écraser, et que Napoléon récupère à son exclusif service. Et c’est là que probablement il a manqué le coche au tournant des années 1809-1810. La description de sa fin tragique est fort bien mise en scène avec une méticuleuse exactitude. Mais quelle idée de s’arrêter à Avignon alors que le Midi Blanc, n’en pouvant plus des exactions de la Révolution et même de l’Empire – des milliers de jeunes gens sacrifiés sur les ordres d’un Ogre détesté ! –, était après les Cent jours encore plus exaspéré par tout ce qui pouvait rappeler ce trop récent passé, ce qui ne justifie pas le crime ni les indignités commises. En fin de livre, Florence de Baudus rend un juste hommage à la femme de Brune, Angélique Nicole Pierre, une femme forte et une épouse fidèle.
Florence de Baudus, Guillaume Brune, Un destin tragique, Memoring éditions, 180 p., 14 €

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