Recevez la lettre mensuelle de Politique Magazine

Fermer
Facebook Twitter Youtube

Article consultable sur https://politiquemagazine.fr

Marie, corédemptrice

Deux livres viennent de paraître aux éditions Via Romana. Ils portent tous les deux sur Marie, corédemptrice et médiatrice de toutes grâces, quoique ce dernier terme – précis – ne soit pas employé dans les titres eux-mêmes. Mais il suffit de comprendre.

Facebook Twitter Email Imprimer

Marie, corédemptrice

Et ce, au moment où le Dicastère pour la doctrine de la foi, le 4 novembre 2025, il y a à peine un an, a publié un décret intitulé Mater populi fidelis, prescrivant de ne plus employer au sujet de la Vierge Marie les termes de corédemptrice et de médiatrice de toutes grâces, au beau motif – paraît-il théologiquement contraignant – que seul le Christ est rédempteur et que seul Dieu peut donner la grâce. L’argumentaire sous des allures intellectuelles de prétendu logique est pénible à lire, terriblement offensant pour la Vierge et en conséquence pour son Fils, qu’il sépare de sa Mère, en dégradant ainsi Jésus de sa dignité de Fils, Fils de Marie, lui Fils de Dieu, ce qui fait de Marie la Mère de Dieu – Concile d’Éphèse (431) – et mettant la Mère et le Fils quasi en opposition ontologiquement, psychologiquement, théologiquement, comme si Jésus ne pouvait pas comme Dieu associer totalement sa Mère à son œuvre, toute son œuvre, sa vie, sa mort, sa résurrection, sa glorification, et ainsi lui donner un statut et un rôle au-dessus de toute créature, y compris dans le rachat de l’humanité, de toute l’humanité, donc y compris d’elle-même, en association et dans la gloire qui s’ensuit.

Il s’ajoute dans ce néfaste texte des ricanements d’impiété typiques de l’hérésie historique et des arguties de quatre sous qui sont les signes indubitables de la mauvaise foi. Ce texte est injurieux pour toute la tradition et, en particulier, pour les papes précédents qui ont recommandé dans l’exercice de leur magistère ces appellations, toujours en précisant la signification et la portée, car il n’a jamais été question, sauf chez quelques cinglés, de faire de la Vierge une déesse préexistante, elle la plus humble et la plus glorieuse des créatures. Le décret est signé du cardinal Fernandez, l’ami que le pape François a placé à ce poste stratégique, connu pour ses livres et ses innombrables pages, des centaines, sur la sexualité, en particulier l’orgasme féminin qu’il décrit et chérit, comme signe de manifestation divine et prégustation paradisiaque, avec description indéfinie des organes et des rapports, de toutes sortes. C’est ce même Fernandez, établi ainsi gardien de la foi et des mœurs par l’autorité pontificale, qui a signé le décret sur la bénédiction des couples homosexuels et qui se fait le champion du peuple comme source éminente et continue, donc actuelle, de la révélation – les fameux signes des temps ! –, le peuple, comme toujours en pareil cas, n’étant autre que lui-même qui le fait parler, puisque, comme en politique, il faut bien faire s’exprimer le peuple. Et donc, logiquement, il s’en est établi l’interprète, ce qui lui permet de renouveler et de transformer la révélation à son goût au gré du temps. Tel est cet individu qui fait la loi – et le prophète ! – dans l’Église tout entière. Il est évidemment plus que fâcheux que Léon XIV ait signé un tel décret. Mais malheureusement significatif.

Vierge Marie, Mère de Dieu, la théotokos du Concile d’Éphèse

Tout cela dit qui n’est évidemment pas exprimé dans les ouvrages en question – ce n’était pas leur propos ni la question – mais qui montre l’importance, l’actualité, la qualité essentielle du travail fait sur les notions de corédemption et de médiation claires, précises, parfaitement fondées en la plus saine et la plus droite théologie, en conformité avec la Révélation et les explications de tous les Pères de l’Église, tant orientale qu’occidentale, et de tous les plus grands saints de la Chrétienté, en particulier français, de saint Bernard à saint Jean-Eudes et saint Louis-Marie Grignon de Montfort. Et le grand saint marial Maximilien Kolbe.

Le livre de Guy Barrey est une véritable somme sur la question, accessible à tous, de structure très pédagogique, avançant de chapitre en chapitre dans l’approfondissement de la corédemption, celle tout à fait spécifique à la Vierge Marie en tant que Mère de Dieu, la théotokos du Concile d’Éphèse, ce qui lui vaut tous ses privilèges uniques égrenés au cours de l’histoire comme autant de dogmes de foi la concernant, celui de la Maternité divine, de la Virginité perpétuelle, de l’Immaculée conception, de l’Assomption, ce qui l’établit comme médiatrice et avocate universelle. Et devrait permettre la formulation d’un nouveau dogme marial, complétant les autres, sur Marie corédemptrice. Un livre riche de citations toutes éminemment congruentes, à lire par tous et à faire lire.

Et pareillement pour le livre Les Splendeurs de Marie corédemptrice qui reprend les interventions du colloque sur la corédemption de la Sainte Vierge des 23 et 24 mai 2025, organisé par la confrérie de Marie corédemptrice de la paroisse Saint-Eugène Sainte-Cécile à Paris. Le tout publié sous la direction de Karen Darentière. L’Abbé Grodziski, l’Abbé Barthe, Monseigneur Schneider, Roberto De Mattei, le Père de Nadaï, l’Abbé Troadec, le Père Lanzetta, l’abbé Hauke ont contribué à ce magnifique ensemble d’admirables et lumineuses démonstrations à la gloire de Marie corédemptrice et médiatrice de toutes grâces, malgré la volonté manifeste dans l’Église, même et quelquefois jusqu’au sommet, de « minimaliser » le rôle et la place de la Sainte Vierge, depuis le Concile Vatican II, particulièrement, avec les fameux Abbés Laurentin et Père Congar entre autres, pour contrer systématiquement ceux qui sont appelés « les maximalistes », qui, eux, auraient voulu depuis plus de 80 ans et qui voudraient encore aboutir à la définition dogmatique de Marie corédemptrice et médiatrice. Chaque intervention est précédée d’une illustration picturale remarquable et remarquablement commentée et suivie de prières choisies en fonction du thème traité. Vraiment un merveilleux travail à approfondir par soi-même. n Hilaire de Crémiers

Guy Barrey, Marie Corédemptrice, Mère, Médiatrice et Avocate, Préface de Mgr Athanasius Schneider, Via Romana, 235 p., 24 €

Sous la direction de Karen Darentière, Les Splendeurs de Marie corédemptrice, avec la contribution de Mgr Athanasius Schneider, Via Romana, 254 pages, 24 €

 


Politique Magazine existe uniquement car il est payé intégralement par ses lecteurs, sans aucun financement public. Dans la situation financière de la France, alors que tous les prix explosent, face à la concurrence des titres subventionnés par l’État républicain (des millions et des millions à des titres comme Libération, Le Monde, Télérama…), Politique Magazine, comme tous les médias dissidents, ne peut continuer à publier que grâce aux abonnements et aux dons de ses lecteurs, si modestes soient-ils. La rédaction vous remercie par avance.

Facebook Twitter Email Imprimer

Abonnez-vous Abonnement Faire un don

Articles liés