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L’incalculable sottise

« L’IA ne connaît ni le Bien ni le Mal, ni le Beau ni le Laid, ni le Vrai ni le Faux. Ni la différence des sexes. L’IA n’a pas d’imagination. L’IA n’a pas de corps, donc ne connaît ni le Haut ni le Bas, ni l’Orient ni l’Occident, ni la droite ni la gauche, qu’elles soient physiques ou politiques. Elle ignore le corps, donc elle n’a pas d’âme… L’IA n’est qu’un gigantesque, un monstrueux plagiat de l’intelligence humaine ».

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L’incalculable sottise

Notre ami Pierre de La Coste vient d’écrire un réquisitoire point par point contre ce « truc » qui envahit l’actualité, qui détruit l’intelligence de l’homme, qui annihile ses facultés, qui anéantit sa volonté, qui réduit son activité à une machinerie sans liberté. Et qui demain va abêtir la jeunesse et stupidifier les décisions des adultes. L’IA fabrique même des romans, on en sait quelque chose aujourd’hui, et qui disputeraient le Goncourt. Littérature, cinéma, ?uvres d’art, architecture, ville, santé, tout sera pollué, instrumentalisé par une tricherie sans nom. Ce réquisitoire devient à la grande joie du lecteur, un solide pamphlet, charpenté, argumenté, où tout y passe.

D’abord, Il y a dans la présentation une tromperie majeure. « Contrairement à ce que disent ses champions, il n’y a qu’une différence de degré et non de nature entre l’IA et « l’informatique de papa ». C’est simplement de la mémoire augmentée faramineuse ». Et les imbéciles en font l’avenir de l’humanité. C’est que derrière il y a d’immenses intérêts capitalistiques. Le travail humain sera supprimé. Ce sera la plus vaste opération de licenciement jamais opérée pour des profiteurs qui sont des arnaqueurs. « C’est la Chine qui est en train de gagner le combat mortifère de l’IA ». Les conséquences politiques sont incalculables : « L’IA s’installe aussi bien dans les dictatures qu’elle aggrave que dans les démocraties qu’elle dénature ».

« La transmission du savoir s’évaporera sans remède dans nos sociétés avancées ! »

D’ailleurs les dangers dans l’éducation sont déjà avérés : « La transmission du savoir s’évaporera sans remède dans nos sociétés avancées ! » Il y aurait, bien sûr, des solutions. Encore faudrait-il garder un minimum de sagesse : « L’humain doit rester maître de tout ce qui est intelligence et ne déléguer à la machine que ce qui est augmentation de la « mémoire ». Et encore : « Au Moyen-âge, les visiteurs lisaient les vitraux à livre ouvert sur la Bible et la vie des saints. Aujourd’hui, les touristes et les pèlerins ne connaissent pratiquement rien au sens des vitraux. Autrement dit, l’IA qu’ils téléchargent sur leur téléphone, sert à suppléer leurs lacunes et leur inculture… ».

Face à l’IA, la recherche en tant que telle n’existe plus. Elle est destructrice et énergivore à un point que nul ne peut calculer. Foin de l’écologie. « L’IA pourrait s’étendre par une standardisation de la politique et de l’économie au niveau mondial ». Et qui serait lésé ? Aucune justice internationale. Aucune justice tout court : une justice au nombre de répétitions journalistiques !

La médecine est réduite au même tarif. « L’IA est capable de compiler toutes les données médicales d’un hôpital, ou d’un pays, ou du monde et de donner le choix suivant : soit vous sauvez la vie de tous les malades en les soignant mal, soit vous condamnez à mort les plus atteints et vous soignez bien mieux les autres ». On sait quel fut le choix de Macron qu’il a légalisé. Les autres sont évidemment ceux qui disposent des ressources. Ô égalité !

« L’ordinateur ne peut pas représenter toutes les valeurs possibles avec une précision totale parce que les valeurs possibles sont infinies et la mémoire de l’ordinateur, elle, est finie ». De toutes les façons. D’où la nécessité, et donc l’absurdité et la tromperie, des « encodages » pour traiter l’information. Et toutes les confusions qui s’ensuivent.

Et voilà qu’arrive le grand plan que l’IA est censée programmer : « Nous n’aurions le choix… qu’entre le transhumanisme d’Elon Musk qui veut faire greffer des neurones artificiels dans le cerveau des enfants, et le post-humanisme de Ray Kurzweil qui veut télécharger nos cerveaux sur un disque dur d’ordinateur ou quelque part dans le Cloud ». Bonjour la joie ! Et le bonheur de l’humanité ! Lisez ce livre clair, précis, admirablement écrit et qui jette une lumière crue sur d’obscurs abysses de monstrueuse inhumanité.

Pierre de La Coste, Peut-on vivre sans IA ? Temporis éditions, 230 p., 18 €

 


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