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Magnifica Humanitas : Léon XIV et l’IA

Première encyclique consacrée à l’intelligence artificielle, au transhumanisme et au posthumanisme, le texte de Léon XIV marque une étape inédite dans la réflexion de l’Église sur les bouleversements technologiques contemporains. Si louable soit l‘initiative, on doit regretter que les enjeux anthropologiques et spirituels de l’IA restent insuffisamment explorés par le pape.

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Magnifica Humanitas : Léon XIV et l’IA

La première encyclique du pape Léon XIV a déjà suscité de nombreuses discussions dès le jour de sa publication et, comme d’habitude, les médias semblent divisés entre les « popesplainers » qui défendent bec et ongles chaque mot de l’encyclique, et les critiques habituels qui reprochent au texte d’être soit trop, soit pas assez dogmatique, selon que la critique vient des milieux traditionalistes ou anticléricaux. Certains sont même allés jusqu’à suggérer que le texte lui-même avait été rédigé avec l’aide de l’IA — une affirmation pour laquelle il n’y a que très peu de preuves concrètes, mais qui est néanmoins intéressante dans la mesure où elle souligne le caractère étrangement impersonnel, presque détaché, de l’écriture, un point sur lequel on reviendra plus tard.

Ce que toutes ces critiques semblent avoir en commun, c’est qu’elles s’intéressent moins au sujet lui-même — comment réagir face à l’intelligence artificielle, la robotique, le transhumanisme et le posthumanisme — qu’à la confirmation de leurs propres positions politico-théologiques concernant le pape actuel. Dans ce qui suit, on va donc essayer, sine ira et studio, de se concentrer entièrement sur le sujet lui-même et d’identifier à la fois les idées remarquables et les faiblesses de la première encyclique de Léon XIV.

Tout d’abord, il faut souligner ce qui devrait être l’observation la plus évidente, mais qui a jusqu’à présent été largement négligée : les catholiques peuvent légitimement être fiers de leur Église. À ce jour, l’Église catholique est la seule religion mondiale à avoir réussi à formuler une évaluation magistérielle complète et faisant autorité des risques posés par les nouvelles technologies. À l’exception de la déclaration « Hiroshima AI Ethics for Peace » de 2024, à laquelle des représentants bouddhistes ont également participé, c’est principalement l’Église catholique qui a montré une volonté sincère d’apporter des éclaircissements moraux concernant les tendances transhumanistes. Même le « Rome Call for AI Ethics » de 2023, qui comprenait des représentants juifs et musulmans, a été essentiellement lancé par le Vatican. Depuis ces deux déclarations, les technologies concernées ont progressé à une vitesse vertigineuse, et c’est une fois de plus l’Église catholique qui a pris les devants en essayant d’aller au-delà des habituelles déclarations non contraignantes sur la dignité humaine et la justice sociale pour parvenir à une véritable compréhension profonde des révolutions technologiques de notre époque.

Malheureusement, le résultat final n’est pas satisfaisant, ou du moins seulement partiellement satisfaisant. Cela ne vise pas à paraître présomptueux, car l’auteur de ces lignes n’oserait jamais critiquer l’immense expertise et l’expérience du Saint-Père et de ses conseillers. Il s’agit plutôt d’exprimer que, malgré de nombreux passages et positions très convaincants, l’encyclique laisse plusieurs questions centrales de côté ou ne les aborde qu’en passant. Quant aux raisons, on ne peut que spéculer. Mais tournons-nous d’abord vers le texte lui-même.

Des opportunités mais aussi des dangers

L’intention du Pape est extrêmement claire et a déjà été résumée d’innombrables fois dans les médias, nous pouvons donc nous limiter ici à l’essentiel. L’intelligence artificielle, le transhumanisme et le posthumanisme sont présentés, par analogie avec les révolutions technologiques et idéologiques des XIXe et XXe siècles, comme des res novae qui offrent des opportunités mais aussi des dangers pour une existence véritablement chrétienne et humaine. C’est à l’Église romaine qu’il revient, en ces temps d’incertitude, de fournir une boussole morale capable d’inspirer une orientation, une stabilité et, quand c’est nécessaire, le courage de résister. Une telle prise de position est déjà très louable et courageuse à une époque où tant la droite que la gauche politiques présentent de plus en plus l’IA comme une solution universelle à tous les problèmes difficiles : on ne saurait trop souligner et louer la primauté inconditionnelle de la loi naturelle et de l’Évangile sur les promesses prométhéennes et élitistes douteuses.

Léon XIV souhaite clairement s’inscrire dans la continuité de son grand prédécesseur Léon XIII, en soulignant à la fois l’importance de la doctrine sociale catholique et les accents sociaux du Concile Vatican II face aux grandes questions de notre temps, surtout les avancées rapides et menaçantes de l’intelligence artificielle et des diverses technologies transhumanistes et posthumanistes. Pourtant, c’est justement pour cette raison qu’on a souvent l’impression que l’évaluation de ces problèmes modernes n’est pas la préoccupation principale. L’accent semble plutôt mis sur un effort apologétique ecclésiastique interne, qui cherche à remplacer la rupture tant discutée associée au Concile Vatican II par une « herméneutique de la continuité » et une « croissance dynamique » de la doctrine, tout en apaisant les tensions internes en mettant en avant les dangers contemporains. C’est la seule façon d’expliquer pourquoi, sur les 245 paragraphes de l’encyclique, à peine plus d’un quart traitent réellement du sujet annoncé, et même ces passages sont rédigés d’une manière quelque peu mécanique, presque désinvolte, qui contraste étrangement tant avec l’urgence du sujet qu’avec les réaffirmations souvent longues des documents d’enseignement social antérieurs. On a parfois même l’impression que l’encyclique est moins claire sur le plan théologique et dogmatique que le document préparatoire issu il y a quelques mois, qui semblait plus précis et mieux développé tant dans son exposition des dangers du transhumanisme et du posthumanisme que dans son invocation de la doctrine catholique sur la personne humaine.

Anthropologie et interpersonnalisme

Deux omissions sont particulièrement frappantes. Premièrement, la condamnation des dangers de la technologie transhumaniste moderne est bien plus prudente qu’on aurait pu s’y attendre. À maintes reprises, le texte souligne de manière quasi apologétique les « opportunités » offertes par la technologie moderne, tout en se concentrant dans la pratique presque exclusivement sur l’intelligence artificielle. La robotique, la génétique, la cybernétique, le transhumanisme et le posthumanisme sont mentionnés ici et là, mais seulement en passant et sous forme d’énumérations, sans aucun traitement sérieux des approches technologiques respectives concernées et de leurs conséquences concrètes ainsi que spirituelles. C’est aussi intéressant qu’incompréhensible au final, car c’est précisément la combinaison de ces technologies qui pourrait marquer le passage d’une société humaine à une société post-humaine, créant ainsi une rupture anthropologique bien plus profonde que les révolutions technologiques de l’ère industrielle. Ces révolutions antérieures se sont contentées d’affiner des outils et des principes connus depuis des siècles — la jambe, le doigt, le poing — sans modifier fondamentalement les êtres humains dans leur humanité. Les technologies dont on parle aujourd’hui, en revanche, pourraient transformer les êtres humains eux-mêmes en quelque chose de totalement différent de ce qu’ils ont été pendant des millénaires, en les remodelant physiquement et psychologiquement par la cybernétique, la génétique et la fusion des réseaux neurologiques et numériques en quelque chose qui ne correspond plus à ce qui, selon la croyance chrétienne, a été créé il y a longtemps à l’image de Dieu.

La deuxième omission concerne, pour ainsi dire, le domaine même dans lequel cette révolution se produit. L’encyclique se concentre presque exclusivement sur les relations interpersonnelles d’un point de vue économique, considérant les res novae transhumanistes et posthumanistes principalement comme des menaces pour la justice sociale. Il est certes vrai que ces nouvelles technologies pourraient bien entraîner une polarisation sans précédent de l’humanité, et que l’une des tâches les plus nobles de l’Église est de s’opposer à de telles concentrations de richesse et de pouvoir, ainsi qu’à l’exploitation des êtres humains sous une nouvelle forme de féodalisme technologique. Pourtant, ce n’est en aucun cas la seule conséquence dystopique. Encore plus grave est la possibilité d’une menace interne, anthropologique, pour l’être humain. D’une part, l’utilisation de l’IA peut affecter négativement le potentiel, les procédés et l’indépendance de la pensée humaine. D’autre part, l’« amélioration » déjà mentionnée de l’humanité par la génétique, la fusion des systèmes neurologiques et numériques, et finalement la grande illusion de transférer la conscience humaine dans le domaine numérique peuvent représenter un véritable danger pour la préservation de la ressemblance de l’humanité avec Dieu.

Appauvrissement social et polarisation économique

À cela s’ajoute la dimension psychologique, que l’encyclique n’aborde qu’en passant. Une interaction croissante avec des systèmes au moins en apparence « intelligents » risque d’habituer les êtres humains à des formes de communication qui non seulement remodèlent radicalement leur propre pensée, mais les éloignent aussi des interactions humaines authentiques. De tels systèmes risquent d’enfermer les individus dans des réseaux d’affirmation narcissique de soi, d’empathie simulée et d’adaptation sans fin, même à leurs instincts, aspirations et désirs les plus négatifs et pervers, faisant paraître les échanges humains réels frustrants et insatisfaisants en comparaison. Cela inclut la fusion prévisible — et déjà très avancée en Chine — de l’IA et de la robotique, qui fera passer l’interaction avec des interlocuteurs « intelligents » personnalisables du domaine abstrait du texte vers celui nettement concret d’une présence incarnée. Comme la science-fiction l’anticipe depuis des décennies, cette évolution risque d’avoir des conséquences révolutionnaires sur la vie quotidienne, l’éducation, le besoin de chaleur humaine et, bien sûr, la sexualité.

Toutes ces évolutions prévisibles mèneront nécessairement non seulement à un appauvrissement social et à une polarisation économique, comme le souligne à juste titre l’encyclique, mais aussi — ce qui est totalement omis du texte — à de profonds changements dans la façon dont les êtres humains se perçoivent eux-mêmes, leur place dans le monde, leur capacité d’autocritique, leur conscience de la contingence et, en fin de compte, leur capacité à aspirer à la transcendance et à sublimer les limites terrestres par la recherche d’un épanouissement au-delà de cette vie. Bien sûr, la capacité de l’humanité à percevoir Dieu — cette caractéristique même qui distingue fondamentalement l’homme des « autres » animaux — ne pourra jamais être entièrement éteinte ; néanmoins, l’orgueil de croire que la technologie peut surmonter ou faire taire toutes les frustrations terrestres risque d’endormir le désir inné de transcendance de l’humanité et de la priver ainsi de la possibilité la plus importante d’épanouissement personnel.

Le Concile Vatican II, les boomers et Anthropics

On peut donc légitimement se demander pourquoi la première encyclique papale consacrée aux développements posthumanistes et transhumanistes les analyse principalement comme une nouvelle révolution industrielle et se concentre sur leurs conséquences sociales et matérielles, tout en négligeant presque entièrement la dimension anthropologique, qui est en fin de compte bien plus importante pour le domaine intime de la foi, l’image que l’on se fait de Dieu, et donc son salut.

Certains observateurs trouveront sans doute la réponse dans ce qu’ils perçoivent comme un détournement croissant de l’Église de la métaphysique et de la transcendance vers la sphère sociale et matérielle, une tendance souvent associée au Concile Vatican II. Ils pourraient se sentir confortés dans cette opinion par la dichotomie quelque peu singulière qui traverse l’encyclique comme un fil conducteur : la tour de Babel d’un côté, et la reconstruction de Jérusalem par Néhémie de l’autre. Malgré quelques nuances, ce cadre semble souvent brouiller la distinction d’Augustin entre la civitas terrena et la civitas caelestis, suggérant la possibilité d’une réconciliation idéale, presque utopique, entre la Jérusalem terrestre et la Jérusalem céleste en une « civilisation de l’amour ». Une telle tendance implicitement pélagienne risque de transformer la tentative sincère de sacraliser le présent en une banalisation de la transcendance, détournant l’attention du croyant du céleste vers l’immanent.

D’autres, cependant, souligneront que cette sous-estimation du potentiel anthropologiquement révolutionnaire des res novae technologiques pourrait provenir de l’horizon générationnel du Pape et de ses collaborateurs, qui sont tout sauf des « natifs » du numérique. Ayant une vision du monde largement « analogique » et non « numérique », ils pourraient sous-estimer le potentiel destructeur de l’IA, du transhumanisme et du posthumanisme. Cette attitude est sans doute sympathique, mais elle peut aussi trahir une certaine naïveté quant à la possibilité que ce soi-disant « instrument » puisse littéralement développer une vie propre et transporter l’humanité dans un monde entièrement nouveau et spirituellement dystopique.

Le texte échoue à prendre des positions concrètes

Cette suspicion trouve une certaine confirmation dans l’encyclique elle-même à travers les nombreuses références à des thèmes d’engagement social caractéristiques de la rhétorique de la génération ecclésiastique des « baby-boomers », des thèmes qui semblent étrangement déplacés dans le contexte futuriste du transhumanisme. On peut citer, par exemple, le soutien presque mécanique aux migrants en tant que « les plus faibles parmi les faibles », les condamnations emphatiques de l’oppression des femmes, les préoccupations concernant le changement climatique, les excuses plutôt incongrues du pape pour l’attitude historique de l’Église envers l’esclavage, la déclaration tout aussi abrupte selon laquelle la théorie de la « guerre juste » devrait désormais être considérée comme obsolète, les réflexions relativement conventionnelles sur les fausses nouvelles et, enfin, la recommandation quelque peu décevante selon laquelle les conséquences dystopiques de l’IA, du transhumanisme et du posthumanisme devraient être principalement traitées par la réglementation étatique et les accords internationaux.

Cet appel semble non seulement anachronique au vu du profond discrédit dont ces institutions ont souffert au cours des dernières décennies — souvent précisément à cause de leurs programmes progressistes et fondamentalement anti-chrétiens — mais aussi comme une fuite délibérée devant la responsabilité de l’Église elle-même. La préoccupation pour l’avenir de l’humanité est en effet déléguée aux autorités politiques, plutôt que d’inciter l’Église elle-même à fournir aux croyants des orientations concrètes concernant les limites acceptables de ces technologies. Les chrétiens d’aujourd’hui et de demain devraient-ils recourir à l’IA, à la génétique, à la cybernétique, à la robotique et à la fusion de la conscience avec les systèmes numériques, ou ne devraient-ils pas ? Et s’ils le doivent, où se situent les limites ? Mis à part quelques platitudes morales générales et le rejet des systèmes d’armes autonomes, le texte échoue malheureusement complètement à répondre à ces questions et évite ainsi de prendre des positions concrètes — et donc inévitablement « anachroniques », voire impopulaires —, les renvoyant à la sphère politique comme un genre de patate chaude.

On ne confie pas la garde du poulailler au renard

Cela nous amène à une troisième explication possible des faiblesses et des omissions du texte : le fait assez curieux que l’encyclique contienne non seulement plusieurs allusions (notamment à travers ses références au techno-féodalisme) qui constituent une critique directe des cercles influents autour de Peter Thiel et d’Elon Musk, prolongeant ainsi le conflit de plus en plus visible entre la papauté et l’administration Trump, mais aussi que sa présentation officielle a été suivie d’un bref discours de la part de Chris Olah, cofondateur d’« Anthropic », qui était assis juste derrière le Saint-Père lui-même. Anthropic est loin d’être un think tank chrétien conservateur du genre de ceux qu’on trouve souvent dans les cercles du Vatican ; c’est l’une des entreprises américaines d’IA les plus influentes et elle poursuit son propre programme – un programme qu’on peut difficilement qualifier de catholique, puisqu’il incarne plutôt une vision athée, prométhéenne et libertaire de l’amélioration de soi. Certes, Anthropic partage certaines préoccupations concernant les dangers des nouvelles technologies, en particulier dans des contextes militaires, et représente donc probablement l’allié le plus proche que le Vatican puisse trouver en matière d’IA prétendument « responsable ». Pourtant, l’association symbolique d’Anthropic avec le Vatican, en tant que contrepoids au ChatGPT d’OpenAI ou au Grok de Musk, évoque inévitablement le vieux proverbe qu’on ne confie pas la garde du poulailler au renard.

Une explication possible, bien que peut-être trop réductrice, mettrait en avant le conflit intense qui existe depuis février entre Anthropic et l’administration Trump, qui considère l’entreprise comme dangereuse et comme un risque pour la sécurité nationale, interdisant aux agences gouvernementales d’utiliser sa technologie parce qu’Anthropic a refusé d’autoriser l’utilisation de sa technologie pour des applications militaires ou la gestion de données de surveillance. Il peut être compréhensible — et peut-être même moralement prudent — que le Vatican soutienne Anthropic dans cette lutte et s’oppose ainsi à l’instrumentalisation de l’IA par l’État. En effet, si Anthropic l’emportait dans le litige juridique en cours, les conséquences s’étendraient probablement à l’indépendance d’autres entreprises vis-à-vis du complexe militaro-industriel américain. À long terme, cependant, cette coopération confèrera une certaine légitimité papale qui pourrait s’avérer problématique, et dont les coûts futurs pourraient bien l’emporter sur ses avantages à court terme dans le contexte des désaccords entre le Vatican et la Maison Blanche.

La force de dire « non »

Tout ceci ne veut pas dire, bien sûr, que la première encyclique de Léon XIV doive être considérée comme un échec ou comme insignifiante. Au contraire : c’est justement parce que c’est la première encyclique papale à aborder sérieusement les questions soulevées par l’IA, le transhumanisme et le posthumanisme qu’elle marque une étape historique dont l’importance ne se révélera peut-être pleinement que dans les années à venir. Ses faiblesses ne reflètent donc peut-être pas un manque de volonté, mais plutôt le caractère transitoire d’une époque où même l’Église cherche encore les concepts, les images et les catégories nécessaires pour saisir des évolutions qui se déroulent à une vitesse jusqu’alors inconnue dans l’histoire de l’humanité.

On peut néanmoins espérer que le débat lancé ici ne soit que le début d’une réflexion théologique plus large qui finira par apporter des réponses plus claires et des recommandations plus décisives. Car le véritable défi des décennies à venir ne sera pas de courir après le développement rapide des machines avec des demandes de régulation politique perpétuellement dépassées, mais de rappeler aux êtres humains ce qu’ils sont.

La question décisive n’est pas de savoir ce dont l’intelligence artificielle sera un jour capable pour garantir — ou menacer — l’harmonie sociale, mais de savoir si les êtres humains, au milieu de ses promesses et de ses tentations, auront encore le courage de rester humains en se tournant vers Dieu. Or, c’est précisément là la véritable mission de l’Église : sa force n’a jamais résidé principalement dans le fait de contenir avec prudence et par des discours les évolutions dystopiques, mais, quand c’est nécessaire, dans le fait de dire « non » — et d’exhorter les fidèles à accepter cette décision comme contraignante, quelles que soient les conséquences concrètes qu’elle puisse entraîner.

Ce texte est la traduction française d’un article paru initialement sur « Leo Magazine » : https://leomagazine.substack.com/p/magnifica-humanitas-the-encyclical

 


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