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Cours-moi après

Ceux qui vivaient dans les temps préhistoriques, je veux dire le XXe siècle, je veux dire quand j’étais pas né, étaient de pauvres mecs.

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Cours-moi après

Ils ne couraient pas dans les rues ni dans la ruralité. Les très rares qui s’y risquaient étaient regardés d’un mauvais œil, ils étaient pris pour des fous, quelquefois même la police leur demandait leurs papiers, c’est tout au moins ce que me raconte mon arrière-grand-oncle Victor, qui est un débris. En plus d’être regardés de travers, ils couraient presque nus. Nous autres, de notre génération et même de celle d’avant, nous courons tous, sauf quelques demeurés, partout, rues, ruralité, tout, même les filles aux grosses cuisses, même les adultes vieillissants qui se penchent en avant ou trottinent sur place. Mais nous courons couverts, je veux dire équipés, je veux dire reliés à des tas de technologies. L’une calcule notre nombre de foulées, l’autre notre vitesse de pointe et notre vitesse moyenne, une troisième dit la distance parcourue, journalière, de la semaine, de l’année, etc., une quatrième notre fréquence cardiaque, nos pulsations, une cinquième notre besoin d’eau et l’état de notre vessie et ainsi de suite et c’est pas fini. Ces technologies, nous les avons plutôt sur nos bras ou aux poignets grâce à des montres ultra-tech qui enregistrent tout dans des puces ultra-miniaturisées et vachement performantes. Sur nos têtes, sur nos oreilles, nous avons des casques, des oreillettes, qui nous diffusent des boum boum tout ce qu’il y a de plus motivant. Grâce à toutes ces technologies pointues, nous ne voyons rien, nous n’entendons rien. Nous filons droit devant, l’œil au sol pour visualiser les obstacles, parfois un coup d’œil en coin vite fait sur nos technologies pour savoir où nous en sommes, mais nous ne voyons rien du paysage. Ce que ça peut être emmerdant, un paysage ! Nous n’entendons rien, on peut assassiner quelqu’un à dix mètres, nous ne l’entendons pas. Tant mieux d’ailleurs, ça nous évite des ennuis.

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