Colette Nys-Mazure a 87 ans et la voici qui se décide à saluer le Grand âge, dont on devine bien qu’il annonce le passage.
Elle est attentive à ce qui décline, à ce qui s’efface, aux livres qu’elle ne relira plus, à ceux qu’elle découvre encore, à tout ce qui est vivant, elle partage sa vie en donnant une leçon de vie : affronter le réel avec l’allant du vivant, même quand il a tendance à fuir, à rompre le combat, à laisser le combattant tout seul. Quand elle est seule, et pour montrer au réel qu’il peut croire s’effacer mais qu’elle est bien là, Colette Nys-Mazure écrit des poèmes, comme sa belle Lettre des confins :
Je vous écris en imaginant
ceux qui seraient heureux de recevoir ces legs
Un pari un défi
Je dépose des colis ciblés au pied des portes
J’en remets en main propre.
De souvenirs en poèmes, de notations en tragédies (cette passante secourue qui lui dit « c’est la dernière fois que je peux faire mes courses »), l’auteur salue le Grand âge sans se dérober.
Colette Nys-Mazure, Grand âge, nous voici. Salvator, 2026, 162 p., 18€
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