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Notre gouvernement vaut ce que valent nos mœurs…

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Notre gouvernement vaut ce que valent nos mœurs…

Quand on relit Aristote, aujourd’hui, et c’est un exercice que je ne saurais trop recommander, on mesure l’actualité de son propos. Tout ce qui est permanent est actuel. Aristote dit – ainsi parlait Thomas d’Aquin, « Aristoteles dixit » – que la vertu de justice est le cœur des cités bien gouvernées et que cette vertu ne réside pas dans une proclamation, mais dans un exercice permanent. Autrement dit, il est vain d’écrire au préambule des constitutions une « Déclaration des droits… », si la justice n’est pas concrètement et quotidiennement, rendue dans les nations ; Aristote dit : « dans la Cité ».
Il ajoute que la qualité d’un gouvernement se reconnaît aux mœurs et aux conduites des gouvernés. Si ceux-ci sont justes, bons et équitables, on louera le gouvernement qui les a rendus tels ; s’ils sont injustes, violents et dépravés, on dira que le gouvernement est mauvais. Avant l’Évangile, il est recommandé de reconnaître l’arbre à ses fruits.
À l’aune de telles évidences, que dirons-nous de la France d’aujourd’hui et de son gouvernement ?
Nous constatons que la justice est de moins en moins rendue. Les hordes de sauvageons qui ensanglantent nos banlieues sont le symptôme irrévocable de cette maladie. Les enfants et les adolescents ne sont jamais totalement responsables des crimes qu’ils commettent. Il faut les empêcher de les perpétrer et les punir quand ils les ont commis. Mais cela n’enlève pas aux politiques le devoir de se poser la question « comment en est-on arrivé là ? ».
La réponse est simple : les lois, la culture officielle, l’enseignement ont, tous, travaillé à déconstruire la morale naturelle qui imprégnait la société. Depuis plus d’un siècle, les lois sur la famille n’ont pas varié dans leur fonction essentielle, qui est de faciliter le divorce, de banaliser l’union hors mariage, de dénaturer le mariage en légalisant l’union matrimoniale des personnes de même sexe.
Le même cheminement a réduit l’autorité des parents à l’égard des enfants et celle des professeurs à l’égard des élèves.
En matière sexuelle, toutes les facilités données à la contraception, non seulement tolérée mais encouragée et présentée comme modèle, et à l’avortement poussé jusqu’à l’infanticide, ont dissocié l’acte sexuel de sa fin première de procréation, ce qui a enlevé tout sens de leur responsabilité à ceux qui l’accomplissaient. La seule poursuite du plaisir immédiat devient la norme.
La culture officielle a suivi un cours similaire. Le « transgressif », l’irrationnel, le subversif, le révolutionnaire et le « déconstructif » sont les modèles ordinaires.
Résultat, personne ne croyant plus en rien qui dépasse la satisfaction de ses besoins ou de ses envies, la loi du plus fort l’emporte… sauf en cas de crise sanitaire où la peur fait de la majorité une masse de moutons, tandis que les fauves, eux, donnent libre cours à leurs appétits.
Eh bien, dirait Aristote, avec ce calme souverain et amusé qui caractérise ses analyses, nous dirons que ce gouvernement est un mauvais gouvernement. Et qu’il convient donc, au plus tôt, d’en changer.

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