Recevez la lettre mensuelle de Politique Magazine

Fermer
Facebook Twitter Youtube

Article consultable sur https://politiquemagazine.fr

Et pour Noël… La dinde aux Macron

Facebook Twitter Email Imprimer

On aura compris qui est le dindon de la farce, une fois encore, le peuple français dans cette formidable opération électorale masquée par la candidature Macron.

Gauchiste, capitaliste, monarchiste, etc.
L’homme ici n’est pas en cause il est plutôt sympathique, avec sa tête de gendre idéal, mais la stratégie qu’il incarne est filandreuse et perverse. En tout premier lieu, des dindons : le peuple de gauche dont une partie seulement prend le train « En Marche » mais en sera dupe. Et au-delà, le jeu politique français en sera affecté dans sa totalité.
De quoi Macron est-il le nom ?

Dès que son étoile a commencé de poindre dans le ciel politique j’avais annoncé un enterrement de première classe pour le bon vieux socialisme des origines. Les dinosaures, Montebourg, Hamon, Mélenchon, seront confinés à Jurassic Park, avec une solide clôture électrique en espérant qu’un malheureux court-circuit ne les fasse pas entrer derechef dans la vie politique française. Social- démocrate Macron, oui bien sûr, au sens ou il n’entend pas tuer le capitalisme, partant du principe qu’il vaut mieux, tel le guerrier Masaï, lui prélever assez de sang ,mais sans jamais l’abattre. On qualifie son mouvement de social libéral.

Cela ne veut rien dire et représente le désir secret de préserver un élément social dans le libéralisme. Mais là, une remarque s’impose : si le libéralisme, par la liberté qu’il véhicule et ses effets positifs sur l’économie, produit naturellement des bénéfices sociaux, y adjoindre une part de social par l’intervention publique viendra contrarier la logique libérale, pour en limiter les vertus !

A dire vrai, Macron se dit monarchiste et avoue n’avoir jamais été socialiste, il croit à la république monarchique que nous héritons de De Gaulle et il rejette le collectivisme des dinosaures cités plus haut, rien de plus ni de très novateur. Quel changement notable de politique, lui qui maintien les 35 heures, contrairement à Fillon et ne dit rien sur la sécurité sociale qui, comme chacun sait, est « le-système- que- le- monde-nous-envie » ? Des socialistes, il garde le sociétalisme, qui plaira à la classe qui le soutien, les bobos ; manifestement, la famille n’est pas son centre de préoccupation. Ni de droite ni de gauche, se prétend-il.

Sur le plan politique, on voit assez bien la manœuvre. Venir au centre et ramasser large à droite et à gauche du centre. Mais déjà le scénario a été infirmé. Les médias avaient élu Juppé qui, en cas de crise grave- et nous y sommes- , nous aurait vendu un gouvernement d’union nationale avec Macron comme premier ministre. Voilà qui est raté mais cohérent. Macron le réformiste sait qu’il faudra néanmoins toucher au modèle social français et, surtout, il sait qu’il aura contre lui la gauche de la gauche, une partie de la droite de gouvernement et le FN qui ne veulent pas abattre le modèle social français mais le renforcer pour le sauver à tout prix.

Un capitalisme médiatique de connivence
Fort de 80000 adhésions Macron peut tailler des croupières au PS (110000 adhérents) et se vanter que l’argent ne soit pas un problème : « l’argent, je ne veux pas que ce soit une entrave ! ». C’est pourtant le lot commun de million de Français !

La décomplexion d’un ex-banquier qui sait où trouver le nerf de la guerre… Voyez l’entourage. Un ancien de la Warner France et ex-dirigeant de l’Ecole 42 fondée par Xavier Niel est embauché pour gérer l’informatique, un normalien, sylvain Fort, ancien du cabinet DGM supervise sa communication. Mais surtout, Bernard Mourad, ex-patron d’Altice Média group le rejoint comme conseiller spécial, proche de Patrick Drahi, à qui appartient la société, il sera chargé des liens avec les milieux économiques comme ancien banquier d’affaire (comme Macron ; chez Morgan Stanley, c’est lui qui avait suivi le rachat de SFR par Drahi. Spécialiste des médias, il avait été le conseil de l’Américain Hearst (souvenez-vous de Citizen Kane) dans le rachat des magazines de Lagardère, et avait aidé aussi Mondadori (le plus important groupe de presse italien) et Vivendi.

Enjeu évident : les médias, par quoi l’on voit que le quatrième pouvoir n’en est plus un. Quand à Patrick Drahi, après Libération, l’Express, BFM, il vient de faire alliance avec le groupe d’Alain Weill (Next Radio TV) dans une cascade de holding dont le but est manifestement d’occuper une place dans le PAF pas précisément à droite, et agir non pas pour informer mais pour orienter l’opinion, avec un groupe de supports influent dans la communication et les médias qui annonce d’ailleurs ne pas vouloir s’arrêter en si bon chemin .

Craignons d’avoir à choisir avec média publics et médias privés entre la gauche et… la gauche. Il est vrai qu’il y a plusieurs gauches, mais la lecture de l’Humanité, non merci !

Facebook Twitter Email Imprimer

Abonnez-vous Abonnement Faire un don

Articles liés

France

Entre conquête électorale du pouvoir et bloc idéologique : une actualité de Gramsci

Entre conquête électorale du pouvoir et bloc idéologique : une actualité de Gramsci

Par Louis Soubiale

La dernière élection présidentielle française a montré, davantage, sans doute, que ses devancières, que jamais le concept d’hégémonie n’aura semblé, sans jeu de mots, aussi littéralement prédominant, surplombant toute autre explication économique, politique ou sociale. Ici, la vieille notion légale-constitutionnelle de majorité n’est jamais apparue aussi peu opératoire, sinon dépassée.

Inscription à la newsletter

Ne manquez aucun article de Politique Magazine !

Recevez un numéro gratuit

Vous souhaitez découvrir la version papier de Politique Magazine ?

Cliquez sur le bouton ci-dessous et recevez un numéro gratuit !