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Départementales : querelles de clochers

Cette soirée télévisée du 22 mars n’a pas été aussi amusante que prévu : en effet, les intervenants des différents bords ont masqué leur déception pour les uns, et adopté un profil bas pour les autres : il n’y a pas eu de 21 avril. Personne n’a pleurniché, personne n’a fait la danse du scalp ! Dommage, la vie politique française n’est pas seulement nulle, elle est aussi ennuyeuse qu’une distribution des prix sans excellence. Les journalistes avaient beau frétiller de vanité, et jouer de leur sotte insolence, leurs petits jeux tombaient à plat.

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Départementales : querelles de clochers

Cette soirée télévisée du 22 mars n’a pas été aussi amusante que prévu : en effet, les intervenants des différents bords ont masqué leur déception pour les uns, et adopté un profil bas pour les autres : il n’y a pas eu de 21 avril. Personne n’a pleurniché, personne n’a fait la danse du scalp ! Dommage, la vie politique française n’est pas seulement nulle, elle est aussi ennuyeuse qu’une distribution des prix sans excellence. Les journalistes avaient beau frétiller de vanité, et jouer de leur sotte insolence, leurs petits jeux tombaient à plat.

Comme il s’agit tout de même d’une élection qui met en cause l’intérêt commun, quelques observations viennent à l’esprit.

Ainsi qu’il a été rarement souligné dans la soirée, ces scrutins, qui ont pour but de créer des instances prétendument rénovées au niveau des départements, sont organisés sans que l’on connaisse avec précision la réalité de leurs futures compétences : est-ce un fait exprès de la part du gouvernement, afin d’être en mesure d’atténuer a posteriori les effets d’une défaite trop cinglante ? On peut se le demander.

Sous prétexte de difficultés à évaluer les résultats dans le détail, ceux-ci ont été présentés par « blocs », ce qui a permis aux socialistes de s’approprier les voix de leurs contestataires internes, et d’ainsi minimiser leur défaite, ainsi que les succès du Front national, seul grand parti à concourir sans alliés. Les différents plateaux ont néanmoins fait apparaître une réalité plus cruelle pour ces fameux « blocs » : l’accord UMP-Centre se fissure déjà sur la question du ni-ni au deuxième tour, et le « combat des péronnelles » qui a opposé un moment sur BFM-TV une représentante groupusculine d’extrême gauche à la porte-parole du PS ne laissait aucun doute sur la profonde zizanie qui règne à gauche.

Enfin, les ciseaux truqués des fabricants de lois électorales n’ont pu empêcher le FN, qui confirmait ses succès antérieurs, de faire exploser le bipolarisme UMP-PS : le jeu des partis est maintenant vraiment un jeu à trois ; ceci ne rachète pas un système intrinsèquement pervers, mais a au moins le mérite de l’affaiblir notablement. D’autant que ledit Front national, derrière sa façade unitaire, n’échappe pas aux démons de la querelle interne : nous savons bien qu’un abîme sépare certains dans l’entourage même de Marine Le Pen, et que ces ferments de division exploseront un jour ou l’autre au contact des réalités.

Ces élections, qui aboutiront à la constitution de conseils départementaux dont on ne connaît pas avec précision les prérogatives, ont, en principe au moins, pour justification de défendre et représenter les citoyens « dans leur vie quotidienne » : malheureusement, les partis s’en moquent quasiment ouvertement : les débats d’hier soir, à quelques rares exceptions près, ont révélé une fois de plus à quel point la réalité et les humbles faits qui la composent n’intéressent pas les hommes et femmes de la classe politique française : seuls les délices et poisons des ambitions partisanes, du pouvoir frelaté garni de ses juteux à-côtés les pressent et les émeuvent.

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