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L’alternance est-elle encore possible ?

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L’alternance est-elle encore possible ?

Comment peut-on poser cette question ? Nous sommes en démocratie, que diable ! Telle est la réaction attendue  à cette entrée en matière… Et pourtant, si on entend par alternance la possibilité de mise en œuvre d’une véritable alternative politique, et non pas seulement l’accès au pouvoir d’une majorité de remplacement dominée par l’UMP, la question prend un tout autre sens !

Prenons par exemple la fiscalité : la « droite » de retour au pouvoir est-t-elle déjà revenue au fond sur les options de la gauche ? Jamais. L’évolution législative concernant la liberté d’expression, la société, la bioéthique a-t-elle été révisée lors des alternances passées ? Jamais. Les abandons de souveraineté au profit d’une Europe tatillonne et omniprésente ? La « droite » n’a rien à envier à la gauche : C’est Nicolas Sarkozy qui a fait ratifier le traité de Lisbonne de la manière cavalière que l’on sait, au mépris de l’opinion populaire exprimée par voie de référendum. La servilité à l’égard des Etats-Unis ? Le retour dans le giron de la structure militaire intégrée de l’OTAN est signé du même Sarkozy.

On pourrait grandement allonger cette liste, qui met en évidence le côté « blanc-bonnet et bonnet-blanc » de l’action des partis à la tête de notre pauvre pays. Car il s’agit bien, non pas de l’action d’un gouvernement fidèle représentant d’une majorité d’opinions, mais de l’accaparement du pouvoir par une faction rivale de la précédente, à la suite de scrutins conditionnés par les erreurs tactiques des uns et les promesses démagogiques des autres.

Il faut bien se rendre à l’évidence : notre système politique est bloqué, ou plus précisément verrouillé par la toute-puissance des partis qui se livrent à des luttes d’influence et de conquête des municipalités, des régions et des circonscriptions, qui n’ont strictement rien à voir avec une réelle représentation des Français, ni avec la poursuite du  bien commun.

Prenons la représentation : de quelle utilité réelle peut-être à l’égard de ses concitoyens un député, élu, sauf exception rare sous condition d’investiture d’un parti politique, qui exigera en retour obéissance et discipline de vote ? Les curieuses abstentions ou absences lors de récents votes importants en disent long sur la liberté de conscience et d’expression de nos prétendus représentants…

Quant à la recherche du bien commun, proposons à nos lecteurs une définition simple et de bon sens : « procurer au peuple les libertés et les avantages nécessaires à son bien matériel, intellectuel et moral, comme son épanouissement spirituel, au détriment si nécessaire des intérêts particuliers et sectoriels : le succès apporte à la nation indépendance, prospérité et rayonnement, tout en garantissant la justice à l’égard des plus faibles ».

Si, admettant cette définition, nous nous en servons comme critère de discernement et d’appréciation concernant le comportement de nos prétendues élites de tous bords et obédiences politiques à la tête de l’Etat et au cœur de nos institutions, le constat est plutôt cruel…Pour tous !

Alors ? Alors, servons- nous des armes qui nous restent, des droits que le totalitarisme rampant n’est pas encore parvenu à nous enlever totalement: liberté de jugement, liberté d’expression, y compris dans la rue, liberté d’association, droit de vote éclairé par la volonté de résister et de conserver l’espérance même contre tout espoir : notre bon vieux pays mérite mieux que toutes ces querelles médiocres et cette mauvaise soupe politicienne qu’on cherche à nous faire avaler. Il recèle encore des ressources d’avenir dont l’année qui s’achève nous a donné de beaux exemples.

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