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L’euro numérique, un nouveau piège liberticide

Le 30 octobre 2025, les gouverneurs des banques centrales de la zone euro ont donné leur feu vert à la phase opérationnelle du projet d’euro numérique.

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L’euro numérique, un nouveau piège liberticide

Le Conseil de l’UE a approuvé le cadre législatif, il ne reste donc plus qu’au Parlement de le voter dans le courant de l’année 2026, il pourra alors rentrer en test début 2027 pour une adoption généralisée en 2028 ou 2029. L’opération se mène, comme toujours avec l’UE, de façon subreptice et sournoise. L’euro numérique aura un pouvoir libératoire illimité et devra être accessible en ligne et hors ligne, comme les espèces. Mais à la différence d’un compte en banque classique, la Banque de France devra nommer un établissement de dernier recours obligé d’ouvrir un portefeuille en euro numérique pour tous les résidents français. Le risque pour les banques est de perdre leurs dépôts au profit de cet euro numérique… Il faudrait donc que les euros numériques soient déposés à l’actif des banques en même temps qu’à l’établissement de dernier recours, ce qui n’est pas indiqué pour l’heure. On voit bien l’usine à gaz qui se profile, sans compter le risque de panne électrique générale pour les paiements et surtout le risque de sécurité des portefeuilles et de leurs données qui exciteront non seulement la convoitise des escrocs mais aussi celle des Américains et des Chinois pour « enrichir » leurs datas. Mais le pire est à venir, votre portefeuille numérique monétaire sera couplé avec le portefeuille d’identités numériques obligatoires partout dans la Zone Euro à partir de 2026 : votre dossier bancaire et fiscal, votre permis de conduire avec ses points, votre carnet de santé et vos vaccins, votre pass sanitaire, votre crédit carbone… Big Brother en a rêvé, Big Sister Ursula l’a fait ! Si d’aventure une de ces données n’est pas correcte, on peut imaginer que le restaurant vous refuserait votre entrée, ou que vous ne puissiez pas prendre le train ou l’avion – ou un seul vol long-courrier tous les 10 ans.

Le liquide, une liberté

Mais alors que deviennent les espèces, le « cash », comme l’on dit ? Ces espèces en question font les choux gras des trafiquants de toute sorte, et l’on voit bien, là encore, qu’au nom de la morale et de l’ordre public, une liberté sera retirée aux artisans, aux commerçants, aux agriculteurs, aux grands parents qui donnent leurs « étrennes » à leurs petits-enfants et, au final, à chacun d’entre nous pour échapper à la surfiscalisation du travail et des revenus. Immoral ? Sans doute mais ni plus ni moins que le pillage fiscal d’un État impuissant et d’une classe politique qui vit grassement de cette manne : chacun sait que s’il y a des paradis fiscaux il existe aussi des enfers fiscaux, et la France en est incontestablement un. On nous opposera que les espèces auront encore cours et qu’il est prévu qu’un commerçant ne puisse refuser lesdites espèces, donc tout va bien ! Pourquoi toujours le soupçon contre l’UE qui nous veut du bien et nous a fait tant de bien ? Ah les bons apôtres ! En effet, pour assurer la bonne accessibilité aux espèces, le projet du Conseil prévoit un suivi de l’accès aux espèces, de leur acceptation et utilisation effective.

Au bonheur des DAB

Il était, depuis longtemps, facile de se procurer des espèces un peu partout en France grâce à ces Distributeurs Automatiques de Billet ; hélas ils se raréfient, les banques les suppriment en prétextant leur coût, à telle enseigne que les populations de ces périphéries doivent faire des Kms en voiture (bonjour le bilan carbone) pour « retirer des sous ». Là encore, Orwell a un excellent adjoint en la personne de Kafka. Quant aux banques, elles vous chicanent sur vos retraits en liquide et il est quasiment impossible de retirer 1 000 € (ou plus) en cash de votre propre compte sans que l’on vous demande un justificatif. De même un versement en liquide dans une agence bancaire. Un virement peut être bloqué « le temps d’une vérification », et l’on voit bien que vous n’êtes qu’un propriétaire nominal et temporaire de votre argent. On nous avait vendu l’UE comme libérale et promotrice des libertés, quoi de pire que cette socialisation de la monnaie (au sens socialiste) ?

Ultime étape : le revenu universel

Certes, il en est moins question aujourd’hui mais on en reparlera tant le système de l’euro numérique y prédispose. Quitte à distribuer de la monnaie aux banques, l’idée germe dans les cerveaux oligarchiques de l’hélicoptère monétaire de distribuer aux particuliers un revenu de base universel (RBU) avec unification de toutes les prestations sociales, RSA, allocations familiales, aides au logement, au chauffage, etc. L’idée n’est pas neuve, le premier à en parler est saint Thomas More dans L’Utopie… et après lui une kyrielle de politiciens, Benoît Hamon mais aussi Dominique de Villepin et Jérémie Corbyn, l’ancien patron des travaillistes anglais, et même Bill Gates. On ne pourra pas se dissimuler qu’en cas d’application de ce RBU ce sera l’enterrement de première classe des régimes sociaux, maladie, retraite, théoriquement couverts par ce revenu universel. La monnaie numérique, on l’aura compris, est un clou dans le cercueil des libertés et elle consacre la mort de la monnaie elle-même puisque jusqu’à présent celle-ci provenait, avec l’aide des autorités monétaires, de l’activité économique dont elle était en quelque sorte le reflet à la juste mesure de cette activité ; désormais elle ne sera plus qu’un signe discrétionnaire émanant du Leviathan.

 


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