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Une autre erreur de De Gaulle

Septembre 1943 : à bien des égards, la libération de la Corse n’est qu’un épisode confidentiel de la Seconde guerre mondiale, à peine mentionné dans les manuels. Pourtant le livre d’Henri-Christian Giraud vient mettre au cœur du conflit mondial ce fait militaire connu sous le nom d’opération « Vésuve ».

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Une autre erreur de De Gaulle

Voilà qui a de quoi étonner plus d’un amateur d’histoire. Parfaitement documenté, très informé, l’auteur nous livre plus qu’un récit de l’événement. Henri-Christian Giraud soutient une thèse. L’opération « Vésuve » est le résultat d’un choix stratégique qui aurait pu changer le cours de la guerre et, peut-être, le destin de l’Europe. Le débarquement en Corse est d’abord un choix français. C’est celui du général Giraud, grand-père de l’auteur, qui préside depuis Alger, avec De Gaulle, le Comité français de libération nationale. Ce choix, qui comporte bien des risques, répond à une préoccupation majeure des Alliés en 1942, surtout des Britanniques : libérer l’Europe par le sud. L’ouverture d’un front méditerranéen est possible depuis la reconquête du nord de l’Afrique et le débarquement en Sicile. Surtout, la libération de la Corse permet une percée dans l’Italie du nord, par la vallée du Pô et, de là, atteindre le Danube. Dans cette configuration, une offensive alliée en Europe centrale couperait toute avancée soviétique vers les Balkans et, sans doute, vers Vienne, Prague et Berlin. Mais, finalement, le choix de Giraud n’est pas soutenu. Roosevelt a fait ses choix. Il rejoint, sans l’avoir voulu, la position de De Gaulle qui plaide pour un débarquement à l’ouest, en métropole, conformément aux vœux des Soviétiques. Staline ne veut, à aucun prix, d’une entrée des Alliés dans les Balkans. Le chef communiste exige de De Gaulle, qui cherche une reconnaissance de la part de Moscou, qu’il insiste sur un débarquement en mer du Nord ou dans la Manche, sachant que le Rhin peut ralentir les armées alliées. Dès lors, c’est l’autre thèse du livre, la libération de la Corse fut un des épisodes du conflit Giraud-De Gaulle ; le second, faisant cause commune avec les communistes d’Alger, refuse de cautionner l’opération « Vésuve » et marginalise Giraud.

Pourtant, la libération de la Corse fut un beau succès. Elle fut le fruit d’une parfaite coordination entre la résistance et les militaires d’Alger. L’armistice italien du 3 septembre 1943 favorisa l’opération malgré une forte présence allemande dans l’île. Libérée au bout d’un mois, la Corse devint un porte-avion pour les Alliés, nécessaire au débarquement de Provence et au contrôle du ciel en Italie. Reste que le plan du général Giraud aurait pu éviter à la Normandie et aux nombreuses villes françaises une destruction systématique à partir du printemps 1944, et à l’Europe d’être coupée en deux.

 

Henri-Christian Giraud, L’opération « Vésuve ». L’histoire très secrète de la libération de la Corse. Le Cerf, 2023, 314 p., 24 €

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