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Notre joie, notre avenir

D’un côté Emmanuel Macron, de l’autre Léon XIV. À ma gauche un boxeur amateur plus doué pour la pose que pour le combat, à ma droite un joueur de tennis qui ne recherche pas les caméras.

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Notre joie, notre avenir

D’un côté le président détesté ou méprisé d’une petite nation sans cesse rapetissée, de l’autre le chef d’un milliard quatre cent millions de catholiques dans le monde. D’un côté un histrion politique, de l’autre un pasteur spirituel. À gauche un pantin acharné à désespérer les Français, à droite un guide prêchant à la fois la pénitence et l’espérance. Pendant que l’un ment sans vergogne sur son bilan, l’autre reconnaît qu’il faut du courage pour être catholique en France aujourd’hui. D’un côté la mort, de l’autre la vie, d’un côté l’Union européenne et la République, de l’autre, le Christ et l’Église.

On ne saurait trop insister sur la joie inspirée par cette visite de Léon XIV. Joie intense et composée, en parties inégales, du sentiment oublié d’observer un Saint Père qui a la foi, du sentiment d’appartenance à une communauté courageuse, joyeuse, pour qui la foi n’est ni une honte publique ni une affaire privée, de l’intense satisfaction d’assister à un défilé de reliques et de voir arriver la Vierge du vœu de Louis XIII en procession, et, enfin, de voir Emmanuel Macron laminé par Léon XIV : Schadenfreude ! Comme le révérend père Gaucher, sauvant son couvent tout en se damnant en distillant ses élixirs, je sollicite votre absolution en même temps que je commets la faute car comment ne pas jubiler en voyant le piteux et boudeur Macron avaler l’amère potion du rappel de ses fallacieuses promesses de 2018, de la dénonciation discrète de son bellicisme et de la condamnation ferme et claire de toutes ses menées anticatholiques, qu’il s’agisse d’euthanasie, de GPA ou d’école libre ?

Un tiercé pénitence-prière-espérance pour ramasser le gros lot

Pour les catholiques, cette visite n’est pas une « parenthèse enchantée » mais un envoi en mission en bonne et due forme – les évêques ayant eu droit, à Lourdes, à une séance de motivation, comme une bande de commerciaux fatigués qu’un patron énergique réunit en « séminaire » pour leur redonner la gnaque (qui vient du gascon gnaca, mordre) et les inciter à regagner des parts de marché parce qu’il y a péril en la demeure (être décoré de la Légion d’honneur par un président qui vous méprise n’est pas le signe que l’Église de France est une « experte en humanité »). Revenons aux catholiques de l’Église militante, qui ont entendu qu’ils avaient du courage, qu’ils devaient en avoir encore plus, et qu’avec le tiercé pénitence-prière-espérance ils allaient ramasser le gros lot. Tous les catholiques, d’ailleurs, et pas seulement les jeunes, qu’on finirait par nous faire prendre en grippe, comme s’ils étaient les seuls à porter l’Église ; mais ne boudons pas notre plaisir d’en voir 80 000 réunis, les jeunes de Bondy chantant avec les scouts d’Europe après avoir tous applaudi sainte Jeanne d’Arc et saint Louis.

Voilà des images fortes, légitimant la continuité à la fois évangélique, catholique et française, images validées par le Vatican et les évêques de France – accordons-leur cette intelligence à défaut du courage d’assumer en permanence cette continuité –, légitimant aussi qu’on puisse parler d’identité catholique et française (mais on pourrait préférer le mot saveur : « C’est embêtant, dit Dieu. Quand il n’y aura plus ces Français, il y a des choses que je fais, il n’y aura plus personne pour les comprendre. ») non pas pour se vautrer dans une vaine nostalgie mais pour espérer de nouveaux fruits : « Aucune origine n’est belle. La beauté véritable est au terme des choses » écrivait Charles Maurras dans Anthinéa : Léon XIV vient nous rappeler que nous ne sommes pas encore au terme, même si notre président voudrait tout achever, que les origines sont fondamentales, que les racines sont toujours vivaces, que cette jeunesse fleurie est une promesse, pour l’Église comme pour la France ; et que les fruits passeront la promesse des fleurs.

 


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