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Macte animo

Non, il faut être réaliste pour aujourd’hui, et lucide pour demain : plus rien, en France, n’est possible dans le sens d’un redressement, quel qu’il soit. Plus rien. C’est dit avec la plus grande tristesse et la plus amère clairvoyance. Tout ira nécessairement de plus en plus mal. Et jusqu’où ? Le délitement total ? Il ne s’agit pas de désespérer les bons Français, il s’agit d’avertir d’une mécanique impossible à arrêter !

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Macte animo

À moins d’un miracle ! Et qui n’a aucune raison de survenir, car, certes la France ne le mérite pas. Et, de toute façon, un miracle ne se mérite jamais ; il n’est qu’un pur don de Dieu et qui ne dépend que de Lui et de Lui seul, telle Jeanne d’Arc.

S’il avait lieu, ce miracle supposerait, à vue humaine, un changement du tout au tout dans les mentalités, dans les habitudes et – il est important de le préciser car ce n’est jamais spécifié – surtout dans la forme même des institutions françaises actuelles qui sont impies dans leur esprit, autant qu’ineptes dans leur nature. Pareil changement devrait, en conséquence, s’opérer également dans l’esprit général de la Nation. Et qui, en France, parmi les gens sérieux, est prêt à prendre la mesure de ce qui s’impose pour engager pareille conversion ? Il faut se rendre compte de ce que représente une telle opération !

Sans ce changement, radical en lui-même, et qui ne peut être que providentiel – ces mots sont pesés sur la balance de la science politique la plus stricte, et, précisons-le, rien, là, qui relève de l’émoi passager d’un élan mystique ou pseudo-mystique –, l’effondrement et le pourrissement que nous subissons de nos jours et qui durent depuis si longtemps, continueront. Inéluctablement. Les Français n’en ont pas fini avec « la chienlit » qui devient logiquement – parce qu’elle l’est par définition – « l’ordre » même de la République. C’est ainsi par nature et par principe. Sauf que le prétendu « ordre » bourgeois a couvert régulièrement d’une apparence trompeuse cette chienlit comme d’un manteau de bienséance hypocrite et, en fait, parfaitement criminelle. Car le mal profond s’indurait au-dessous sans répit. Pour mener concrètement cette pauvre France à la déchéance, à la ruine, à la désintégration, à la défaite, à la guerre civile larvée, puis déclarée.

Tout se perd dans cet affreux bazar républicain

Pendant que la « racaille » d’en haut et la « racaille » d’en bas poursuivent continûment leurs juteuses affaires dans l’occupation des espaces et des pouvoirs publics, tout le territoire est gangrené, même les villes moyennes, même la ruralité. Et même si, à tous les niveaux de l’État et de l’administration, il y a des gens de bien qui font tout leur possible pour sauver ce qui peut être sauvé. Tels ces maires de France qui ne demandent que des moyens. Mais que peuvent les honnêtes gens dans le cadre actuel ? Telle est la vérité de la situation d’aujourd’hui.

Nul, dans le monde politique, ne veut la voir telle qu’elle est dans sa terrible réalité. Nul ! Aucun examen critique ne va aux racines des problèmes. Il faut se contenter au mieux de « l’à-peu-près » de prétendues réformes qui n’aboutissent jamais à des améliorations concrètes ou même qui aggravent les difficultés qu’elles sont censées résoudre. Telles toutes ces lois – innombrables depuis trois décennies – et les décrets subséquents qui devaient, au dire de leurs initiateurs, renforcer la sécurité, garantir l’ordre intérieur- la toute dernière loi doit imposer la règle du casseur-payeur, tu parles ! –, régler les flux migratoires, exécuter les OQTF (!), armer les décisions de justice (!), contrôler et dissoudre les groupes violents d’ultra-gauche et, pour faire bonne mesure, d’ultra-droite (!). Tout, absolument tout, se perd dans cet affreux bazar républicain qui occupe les médias et qui se discute inutilement à longueur de temps dans des assemblées aussi bavardes dans leurs discours que grotesques dans leurs comportements. Et, bien sûr, ce tout prétendument législatif est contrôlé par le Conseil constitutionnel qui ne connaît pour règle ni le Droit ni la Justice, mais la République exclusivement, son seul dogme intangible, et par la Cour de justice de l’Union européenne qui chapeaute l’édifice des institutions et condamne systématiquement le droit national français.

Toutes nos lois sont absurdes, mal rédigées, contradictoires, telles les lois qui définissent les statuts des territoires, les fameuses lois dites de décentralisation qui livrent les pays, les communautés, les villes, les métropoles aux luttes partisanes et aux gabegies d’une technocratie sans âme et sans intelligence. Quel amoncellement de sottises prétentieuses et d’inutiles superstructures ! C’est encore vrai de cette loi sur le statut de la Corse, faite de demi-compromis et qui ne saurait tenir dans le temps, retoquée au Sénat. Les Corses méritent mieux. Et de même tout ce que l’imbécilité démocratique a pu inventer pour nos départements et nos régions, plombés de mille obligations de dépenses, sans compter les règles de dénationalisation et d’européanisation, notamment aux frontières, destructrices de l’unité française.

Le dépeçage de la France a commencé

Le dépeçage de la France a commencé et les politiques attachés au système s’en fichent éperdument du moment qu’ils gardent leur siège, leur place, leurs privilèges. Et ne parlons pas de toutes ces lois ignobles qui sacrifient les familles, les patrimoines. Voici que c’est le tour de l’enfance, et de surcroît en prétendant la défendre ! Car l’enfance est livrée systématiquement aux prédateurs qui se multiplient dans une société sans morale et sans justice. Et, on le sait maintenant, livrée aux prédateurs institutionnels de l’Éducation nationale qui veulent mettre la main dessus dès l’âge de trois ans – comme le veut le président Macron ! – pour mieux la corrompre, l’initier au vice, à tous leurs vices, et la jeter dans les filets d’obsédés sexuels patentés, organisés comme tels, payés par l’État, choisis par l’Administration, installés et protégés par les collectivités territoriales en vertu des délégations de la puissance publique ! Et la justice ne condamne pas, ou à peine. Après tout, c’est normal, le vice est constitutif de la République et est, d’ailleurs, le lien organique de ce qu’on appelle l’élite républicaine. Mais chut, c’est interdit de le dire ! Combien de scandales cachés chez toute cette engeance qui nous dirige, jusqu’aux soirées « chemsex » dans les pavillons de Matignon du temps d’Attal !

Répétons-le : personne ne peut envisager dans les circonstances actuelles une amélioration quelconque de l’État moral, mental, social – pesons chacun de ces mots – de la nation française, de sa population dans son ensemble, comme, malheureusement, dans toutes ses fracturations. Oui, impossible, tant que la France s’identifie à cette République de malheur qui est la vraie cause de sa décadence. Allons plus loin encore pour être parfaitement clair : le mal, le mal absolu, n’est pas l’immigration en tant que telle, même submersive, et même s’il faut évidemment l’arrêter, avec toutes les conséquences fâcheuses qu’elle occasionne. Ni tel ou tel malheur qui nous afflige. Il y a, d’ailleurs, des immigrés et des fils d’immigrés qui aiment la France, le disent, vivent de cet amour et affichent leurs sentiments français, infiniment mieux que les bourgeois de souche française, et surtout quand ces profiteurs du régime sont socialo-républicains ou libéralo-démocrates, eux qui ont tout renié de leurs appartenances nationales et souvent familiales. Inutile de citer les noms connus dans ces colonnes, désignés comme tels, des privilégiés de la République. Ce sont eux qui sont responsables de l’état des banlieues, qui ont vécu politiquement sur la haine de la France, détestation qu’eux et leurs administrations ont inculquée et inoculée aux populations immigrées. Oui, eux ! D’abord !

Non, le mal absolu, premier, constitutif et essentiel, c’est la République en tant que telle. Elle est la cause de tout le mal qui s’ensuit et des désastres qui en sont la conséquence. Elle en est responsable dans ses institutions, dont la perversité lui est inhérente, et dans son idéologie fondamentale, qui est par nature destructrice et subversive. Vanité de chercher à faire du constructif, du bien, du vrai, du beau, avec une machine à mensonges, à laideurs, à injustices, avec un appareil politique à attiser la haine, à susciter les rivalités, à entretenir la guerre civile, à haïr le passé, à mépriser l’histoire, à détruire tous les liens de fraternité nationale pour y substituer la passion partisane, la lutte intestine, la conquête et reconquête sempiternelle du pouvoir, la dispute pour les places et, finalement, la recherche continuelle de son intérêt propre et de sa promotion personnelle dans le mépris de la vérité politique et avec le cynisme le plus affiché face aux tragédies subies par le pays. Malheureux harkis, malheureux pieds-noirs, malheureux agriculteurs, viticulteurs, sylviculteurs, pêcheurs et autres ouvriers et artisans. Vous ne représentez rien électoralement, donc vous ne valez rien pour le régime.

Notre mal actuel tient à notre République

C’est ce point crucial, d’une vérité politique contraignante qui est toujours systématiquement écarté de toute discussion politique, et qu’il faut mettre en avant, si les bons esprits veulent comprendre le pourquoi et le comment de la situation actuelle. Qui aura le courage de regarder la réalité en face ?

Mais rien n’y fait. Personne n’ose mettre en cause l’institution républicaine en elle-même et ses principes que chacun cherche à récupérer pour soi. La République – pas la France – reste le but revendiqué par tous ; elle est l’Absolu de toute réflexion politique, de toute action citoyenne qui emprisonne en fait l’esprit public. Et c’est là que réside tout le problème politique français. Impossible d’amener cet esprit public à se poser les vraies bonnes questions. Et inutile de préciser que cette interrogation légitime sur nos institutions ne relève que du bon sens socratique et non des élucubrations d’un cerveau malade contaminé par un virus dit d’extrême-droite. Extrême-droite de farfelus qui a toujours existé et que la police politique utilise à son service depuis toujours pour détourner l’attention.

Oui, notre mal actuel tient essentiellement à notre République, et ce mal se définit institutionnellement. Ceux qui réfléchissent le voient clairement, même s’ils n’osent pas le dire. Car il est interdit de le dire. Partout. Oui, partout. Heureusement, Politique Magazine peut braver l’interdit. Notre journal existe pour ça ! Éclairer ce qui reste d’esprits vraiment libres.

Car affirmer le contraire comme il est claironné en tous lieux, dire qu’il faut revigorer la République, la rétablir, lui redonner tout son lustre, faire rayonner ses principes, relève de la contre-vérité électorale assénée sous forme de certitude, absolument absurde. En quelque sorte, « votez pour moi », et si la République tombe dans « mes » mains, elle deviendra automatiquement et subitement une « bonne » République. Foi de candidat !

La France est éclatée

La République relèvera la tête, répète-t-on à l’envi ; il suffit de connaître « mes » engagements et d’appliquer « mon » programme, la renaissance est là. Elle est à portée d’élection, en vue directe des urnes. Le salut par la démocratie, par la voix du peuple, qui est souverain comme chacun sait – et de citer De Gaulle, bien sûr –, n’attend qu’un vote – et le bon ! – celui qui m’assurera le pouvoir. Et chacun de tenir ce beau discours. Flatus vocis !

La réalité est que la France est éclatée, que le pouvoir régalien n’exerce plus ses fonctions, que des territoires entiers échappent à l’ordre national, abusivement appelé « ordre républicain », que le désordre est généralisé dans les écoles, les lycées, les universités, l’Éducation nationale, les administrations, la rue, les centres des villes et même les campagnes, que les banlieues et les territoires urbains et péri-urbains vivent en dehors de toute règle commune sous la propre loi de leurs dirigeants communautaires, que l’économie est gravement atteinte dans ses forces vives, que la récession est là, que les finances publiques sont hors de contrôle avec une charge de la dette bientôt à 100 milliards d’euros et des déficits qui ne cessent de s’aggraver, que la France vit pratiquement sans budget, qu’elle est devenue la risée du monde, que les agences de notation ne l’écrasent pas, uniquement parce que ses titres font vivre les fonds de pension, notamment ceux des copains de Macron, comme celui de Larry Fink… qui doit bien avoir quelque part une petite corbeille sous nom d’emprunt à lui destinée.

Comment voulez-vous sortir d’un tel imbroglio que Macron n’a fait que rendre plus insoluble ? Il n’y a aucun cas de figure favorable. Un « bon » arriverait-il au pouvoir, et quelques « bons » avec lui, dans une illusion commune, il hériterait d’une telle situation qu’il serait immédiatement accablé par une réalité impossible à gérer, et conséquemment par tous les reproches qui lui tomberaient dessus. Il paierait les pots cassés. Et la République des républicains reprendrait la main dans la rue et dans la société.

Une République vouée par nature à la destruction de tout bien

La France ne tient encore que parce que tout un fond d’elle-même, dans ses familles, dans ses professions, dans ses mœurs, dans sa vie profonde échappe encore à l’esprit républicain et obéit malgré tout, par habitude invétérée, à l’ancien ordre des choses, naturel et surnaturel. Heureux qu’il y ait dans ces domaines de temps en temps des sursauts, souvent imprévus, dus essentiellement à la grâce de l’action divine et à de vieux réflexes qui reprennent cours, car l’histoire et la psychologie des peuples parlent au-delà de la misère des temps.

Ce qui est sûr, c’est qu’aucun sursaut salutaire n’a son origine dans une République vouée par nature à la destruction de tout bien quel qu’il soit. Toute âme droite ne peut qu’être affreusement scandalisée : cette République s’est arrogé le droit de tuer constitutionnellement les enfants par millions dans le sein de leur mère – 2 à 3 millions en dix ans –, et jusqu’à neuf mois ; maintenant elle s’apprête à tuer les vieillards et les infirmes ! Elle est le mensonge et l’homicide, comme Satan, son concepteur et son créateur, le maître qui dirige son esprit. Elle a détruit les familles, comme il a été déjà dit ; elle accapare les enfants pour les pervertir et les embrigader ; elle spolie les Français ; elle les tyrannise à longueur de vie. Elle les formate selon son logiciel, et c’est sa raison d’être clairement exprimée depuis toujours : de Jules Ferry à Vincent Peillon, de Condorcet à Langevin et Wallon, jusqu’à Taubira et Vallaud-Belkacem et jusqu’à Macron.

Qui ne voudrait se débarrasser d’un tel tutorat ? Quand les Français retrouveront-ils leur liberté d’esprit pour porter le jugement qui s’impose sur cet ensemble d’ignominies qui ose se présenter comme le trésor le plus fabuleux de leur histoire ? Leur conquête suprême !

C’est à une libération de l’esprit qu’il faut inviter les Français. À cette condition ils pourront retrouver l’Espérance. Souhaitons qu’une jeune génération apprenne à repérer l’ennemi là où il est et à le frapper là où il convient. Politiquement. Il y aura bien quelque soleil de vérité, quelque Apollon qui, à la manière de Virgile, célébrera cette œuvre d’intelligence guerrière : « Macte nova virtute, puer, sic itur ad astra ». Et quelle gloire pour ce nouvel Ascagne, fer de lance d’une jeunesse royale et royaliste ! Et quel courage à justement enflammer ! « Macte animo, generose puer », disaient plus simplement nos grands-pères, après Chateaubriand. « Allez, courage ! »

 

Illustration : République et chienlit, deux termes synonymes.

 


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Par Hilaire de Crémiers

Il y a cent ans, en 1926, l’autorité ecclésiastique, dans son plus haut magistère romain, exercé in illo tempore par le pape Pie XI, né Achille Ratti, condamnait le mouvement politique royaliste de l’Action française, ainsi qu’en même temps le journal quotidien qui portait ce titre, à l’époque largement diffusé à travers toute la France – et dans le monde catholique du Québec à l’Argentine –, tant par abonnement qu’à la vente au numéro, le tout à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires.