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Le roi Midas

Un jour, le roi Midas se promenait dans les bois de son royaume de Phrygie, lorsqu’il entendit rivaliser les sons harmonieux d’une flûte et d’une lyre ; il arrivait au moment où Marsyas, qui avait trouvé dans un ruisseau la flûte abandonnée par Athéna, venait de défier Apollon en un concours de musique.

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Le roi Midas

Le juge désigné était Tmolos, le dieu de la montagne. Les concurrents rivalisèrent d’adresse et d’enchantements, et les bois ombreux eux-mêmes en étaient charmés… Et Midas écoutait. À la fin, Apollon et Marsyas réclamèrent la sentence ; Tmolos, sans beaucoup hésiter, proclama vainqueur le beau dieu lumineux, frère d’Artémis la chasseresse ; Marsyas faisait une triste figure, car il était convenu que le vaincu subirait un châtiment inventé par le vainqueur… Mais soudain, on entendit la voix de Midas : « je conteste la décision du juge ! À mon avis, la musique de Marsyas est bien meilleure que celle d’Apollon ! ». Quel scandale ! Un simple mortel s’immiscer de la sorte dans un concours divin et sans y être invité !

Apollon, avant même d’écorcher Marsyas pour l’avoir défié et perdu son pari, dota Midas de deux superbes et longues oreilles d’âne pour lui apprendre à perfectionner son jugement en matière de musique. Le pauvre roi Midas s’en retourna chez lui bien ennuyé : comment cacher cette grotesque disgrâce à ses sujets ? Comment s’asseoir avec majesté sur le trône avec ces appendices auditifs poilus et ridicules ?

Il creusa un trou au bord de l’eau, un petit, pour y mettre sa bouche.

Après avoir bien réfléchi, il résolut d’arborer en public une grande tiare qu’il tenait de ses aïeux et de mettre une seule personne dans le secret : son indispensable coiffeur, sommé de se taire sous peine de subir terribles tourments et châtiments.

Au début, tout alla bien ; la tiare cachait les royales oreilles d’âne lors de cérémonies officielles, et le coiffeur tenait sa langue. Mais le secret pesait de plus en plus lourd dans le cœur du pauvre figaro, partagé entre un prurit chronique de fou-rire qu’il cachait de plus en plus mal et la terreur des représailles qui s’abattraient sur sa tête au moindre soupçon de trahison.

N’en pouvant plus, il errait en solitaire dans la campagne lors de ses moments de loisir, n’osant même pas formuler tout haut ce qu’il se répétait tout bas : « le roi Midas a des oreilles d’âne, longues, longues, poilues, soyeuses au demeurant… ». Enfin, un jour qu’il longeait un joli petit étang peuplé de roseaux murmurants, il se jeta à genoux, creusa un trou au bord de l’eau, un petit, pour y mettre sa bouche, et il dit tout bas : « le roi Midas a des oreilles d’âne, des oreilles d’âne, le roi Midas, des oreilles d’âne, d’âne, d’âne… » ; puis il reboucha le trou, et s’en alla, un peu soulagé.

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