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La Suisse dit non à l’immigration de masse

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La Suisse dit non à l’immigration de masse

On se souvient peut-être que nos amis suisses devaient se prononcer hier dimanche sur trois sujets dont deux nous intéressent plus particulièrement pour leur caractère international, voire universel, et aussi parce qu’ils relevaient d’une initiative populaire (100 000 demandes sur les 26 cantons) : il s’agissait d’une part du remboursement de l’avortement, ou plus précisément de supprimer ce remboursement de l’assurance de base obligatoire, et d’autre part de rétablir des plafonds annuels à l’immigration et des contingents pour les autorisations de séjour, les demandeurs d’asile et les frontaliers.

La démocratie helvétique a parlé : la question portant sur le remboursement de l’avortement est rejetée par 69,8% des votants, à la grande satisfaction du gouvernement fédéral qui se montre étonné que l’on ait demandé de revenir sur des acquis aussi évidemment bénéfiques ; en revanche la réponse concernant l’immigration les désole : la maîtrise de l’immigration reçoit un « oui » plutôt serré, par 50,3% des suffrages. Le gouvernement affiche une déception d’un européisme orthodoxe, affectant de croire que cette décision populaire va détériorer de manière irrémédiable les relations avec l’Union européenne, comme s’il était question de couper la circulation transfrontalière, alors qu’il ne s’agit que de la maîtriser par des décisions souveraines ; l’Union européenne, quant à elle, a bien sûr horreur des décisions souveraines, et « regrette » ce résultat qui implique le réajustement d’un certain nombre d’accords avec la Suisse, qui a la mauvaise idée pour cette question particulière de redevenir une nation et non plus une passoire (comme la France).

Hier soir, Valérie Pécresse, interrogée par BFMTV a récité par cœur la vulgate fédéraliste en parlant de « raidissement identitaire ». Le Monde parle de « vote identitaire contre l’immigration, pas contre l’Europe » ; un peu partout, le mot-valise-piégée « populisme » est lancé avec la mine dégoûtée de circonstance ; bref, les pions du politiquement correct sont outrés.

Les Suisses, par cette « votation » nous auront montré qu’ils sont majoritairement bourgeoisement attachés aux pseudo-libertés d’une société libérale avancée (ou faisandée, comme on voudra), avec la réponse concernant le remboursement de l’avortement (rappelons qu’ils ont aussi franchi le pas de l’euthanasie et qu’il existe en Suisse un « tourisme de la mort ») ; en revanche, ils ont fait acte de souveraineté en affirmant leur volonté de maîtriser les flux de population étrangère sur leur territoire ; le principe étant posé, tout réside ensuite dans le réalisme et la souplesse des modalités ; affecter de craindre des conséquences gravissimes pour la Suisse et ses relations avec l’Europe ne paraît vraiment pas sérieux.

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