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Françafrique et retour

La France est chassée de l’Afrique car les Africains constatent que la France n’est plus une puissance et, même, qu’elle est une terre à conquérir.

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Françafrique et retour

Le Mali avant-hier, le Burkina-Faso hier, le Niger aujourd’hui, et demain très certainement le Tchad, puis le Sénégal ou la Côte d’Ivoire. Partout la France se trouve rejetée de cette Afrique de l’Ouest que certains présentaient pourtant comme son « pré carré » quand d’autres dénonçaient la permanence de la « Françafrique ». Complot international ? Certes, les accords de coopération militaire avec la Russie ou ses milices, l’entrisme chinois, les appuis financiers et/ou religieux des pays du Golfe et de la Turquie, l’acharnement anti-français de l’Algérie ont tous leur part à cette situation, mais cette part est d’autant plus importante qu’en politique internationale comme ailleurs la nature a horreur de ce vide qui se traduit ici par la faiblesse. Or si l’on excepte le cas particulier de la Russie, la France d’Emmanuel Macron étant alors à la remorque des décisions otanienne, force est de constater que notre pays a fait preuve à l’encontre de tous ces compétiteurs d’une lâcheté aussi constante que consternante. Par peur peut-être des représailles économiques chinoises, d’une submersion migratoire que la Turquie veut bien limiter contre des passe-droits et des financements, ou d’un collapsus du régime algérien qui pousserait vers nos côtés, non plus des dizaines de milliers, comme cela a été le cas dans un passé récent, mais des centaines de milliers de « réfugiés » politico-économiques peut-être ; mais à aucun moment en tout cas notre pays n’a fait preuve face à eux de cette force que l’Afrique respecte.

Pour tenter de compenser cela, alors qu’il continue à détruire la diplomatie française, comme l’ensemble de notre haute administration – avec un acharnement qui ne peut traduire qu’une aigreur personnelle et/ou l’application d’une feuille de route servant d’autres intérêts –, Emmanuel Macron prétend être capable, par sa seule présence, de créer avec ces pays un lien indéfectible. Comme ailleurs, aveuglé par son hubris, et s’en remettant ici aux avis de ces jeunes membres des diasporas africaines qui l’entourent, il a commis tous les impairs : traiter avec cette fausse familiarité qui est sa marque de fabrique (mais où les élites africaines ne voient que de la condescendance post-coloniale) un de ses pairs lors d’une conférence de presse ; privilégier les « contacts directs » avec la jeunesse dans un monde où l’âge vaut respect, et ceci non seulement lors de ses visites locales mais surtout lors des sommets organisés en France, comme s’il pouvait court-circuiter les dirigeants élus dont il conteste ainsi la légitimité.

Savoir faire respecter sa souveraineté ?

La seule chose qui aurait permis que ces erreurs ne soient, somme toute, que secondaires, aurait été que la France conserve l’image respectée de la force. Or un élément est sans doute bien plus important que tout le reste pour expliquer que la France ne soit plus respectée en Afrique : c’est qu’elle n’y apparaît plus comme respectable. Parce qu’elle cède devant d’autres puissances en Afrique ? Parce qu’elle y est chassée de ses dernières bases de repli ? Parce que ses seules opérations militaires réussies sous l’ère Macron auront été le rapatriement de ses ressortissants ? Non. Parce que dans l’hexagone même il semble à certains que la France historique, ce pays européen, peuplé d’européens, qui savait faire respecter sa souveraineté, a vécu.

Les émeutiers de Niamey aujourd’hui, ceux d’autres pays avant eux, ont presque tous de la famille en France. Ils y ont un frère, un cousin, un oncle, entrés parfois illégalement dans notre pays, mais continuant d’y mener leur vie – qu’elle soit paisible ou non – sans être jamais renvoyés chez eux. Des parents qui, épaulés par les associations ad hoc, manifestent impunément dans les rues françaises pour réclamer toujours plus de droits, et auxquels des partis politiques français soufflent que ces droits ne sont que les réparations légitimes de dettes imprescriptibles. Et s’ils n’ont pas tous un frère, un cousin ou un oncle présent dans ces émeutes-pillages que nous avons connues avant l’été, leurs images sur les réseaux sociaux ont fait passer dans le monde entier un message clair : le « gendarme de l’Afrique » n’est même plus capable de se faire respecter par l’Afrique chez lui.

Comme toujours lorsque l’ancien dominant est affaibli resurgissent à son encontre rancœurs et ressentiments, que les intervenants extérieurs que nous avons évoqués ne manquent pas d’exaspérer. Nulle repentance, toujours perçue comme un nouvel abaissement par les anciens dominés, ne saura rétablir alors l’indispensable équilibre, né d’un respect mutuel qui ne peut naître qu’entre deux égaux. Individus ou États, le problème est le même : s’ils refusent le combat, ce n’est pas le combat qui disparaît. C’est eux.

 

Illustration : Bientôt de nouveaux réfugiés économiques. (AP Photo/Sam Mednick)/XSM103/23231460548368//2308191458

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