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Et si on arrêtait d’élire ?

Enfin un paysage politique intéressant !

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Et si on arrêtait d’élire ?

Pour les hommes de ma génération qui ont connu dans leur adolescence la IVe République, c’est un vrai coup de jeunesse ! L’Assemblée Nationale – on disait « la Chambre » – faisait et défaisait les ministères. « Monsieur le président Coty consulte en vue de la nomination d’un nouveau président du Conseil ». Les majorités évoluaient au gré des discours et des événements.

Pendant cette impuissance gouvernementale, la France se redressait de façon spectaculaire. L’industrie innovait. Il y avait encore beaucoup de paysans. Les paroisses étaient florissantes et notre armée défilant aux Champs-Élysées enthousiasmait la jeunesse. Le seul point noir était rouge. Le Parti communiste, fort de cent cinquante députés, était la cinquième colonne de l’Union soviétique ; mais, comme disait Clemenceau, « l’ennemi était bien utile qui nous faisait amis ».

De Gaulle, arrivant en 1958, se saisit de cette situation et sa Constitution imposa un système majoritaire qui permet de gouverner selon la méthode « Moi ou le Chaos ». La méthode servira aux successeurs qui changeront le nom du Chaos, devenu, par l’habileté de François Mitterrand, « l’extrême droite », puis « les populismes ». Ainsi tout ce qui n’était ni la majorité ni l’opposition officielle ne pouvbait trouver de place politique. Emmanuel Macron, qui avait dit qu’il allait changer le système, l’a trouvé, lui aussi, très commode mais il n’est ni De Gaulle ni Mitterrand et, sans même le recours au scrutin proportionnel, le scrutin majoritaire nous ramène à la IVe République.

Seulement, il n’y a plus « le président Coty », élu pour sept ans par un collège électoral restreint, régnant mais ne gouvernant point. Le président est directement impliqué dans l’instabilité gouvernementale. Dans ce désordre nouveau, que vont devenir les corps de l’État ? Sauf anarchie absolue, due à une rue en colère, leurs pouvoirs devraient se renforcer. La Magistrature suit cette évolution qui renoue avec ses origines. Elle continuera. Le pouvoir des juges, qui ne sont pas soumis à l’élection et qui disposent des attributs de l’État (« détachements d’hommes armés, prisons », selon Lénine), ne peut que s’étendre, mais ce n’est pas un pouvoir de gouvernement.

Reste ce que Barrès appelait « l’appel au soldat ». Napoléon Ier et III, Pétain, De Gaulle… et si nous imaginions de revenir à une autorité non élue mais naturellement bienfaisante par sa seule présence, source de paix et concorde, et donc de liberté et de progrès ? 

 

Illustration : Français, l’heure est grave. Des gens prétendent qu’il ne suffit pas de m’obéir aveuglément.

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