Nous assistons avec stupeur, avec résignation, avec rage ou avec une amère satisfaction au spectacle de la démagogie la plus répugnante élevée au rang des beaux-arts – non, mieux, au rang de saine gouvernance.
Darmanin, Philippe et Attal parlent de l’immigration avec la voix grave et le front plissé de ceux qui ont consumé leurs jours et leurs nuits dans d’austères analyses pour arriver à la conclusion surprenante mais indubitable qu’il y aurait trop d’immigration en France, en tout cas pas assez d’immigration choisie – comme importer un gamin né par GPA pour Gaby, candidat à la présidentielle ? –, en tout cas trop d’immigration familiale, mais en fait pas tant que ça, rien qu’un petit moratoire portant sur quelques pouillèmes ne puisse arranger. Draguant les électeurs de droite avec la balourdise calculée d’un psychologue pour émission de téléréalité, ils laissent à Emmanuel Macron le soin de prostituer la France à l’Algérie et de lancer notre pays ruiné sur la voie des réparations sans fin que réclamait Christiane Taubira : une « nouvelle » politique algérienne et africaine d’ailleurs déjà condamnée à l’échec, l’Algérie consacrant le fait que la colonisation française a été un crime d’État et le Sénégal rejetant très fermement et très clairement l’homosexualisme idéologique et totalitaire de l’occident ; on attend Gaby sur le sujet mais il est assez silencieux – comme le reste de la classe politique française, coincée entre repentance taubirienne, nouvelle France mélenchonienne et exaltation macronienne de la francophonie. Yaël Braun-Pivet, de son côté, renifle les draps de Charles Alloncle tout en célébrant l’amour sans contrainte (mais c’était à l’occasion de la journée consacrée à l’homosexualisme triomphant, sans doute pour complaire à Gaby) et ne jure que par l’euthanasie, prétendue porte ouverte au bonheur des Français, qui ont placé en tête de liste deux ou trois autres choses, certes plus difficiles à leur donner. Mais entre une bonne petite euthanasie qui ne coûte rien et la tranquillité d’un pays souverain, quelle aspirante à une présidence française mixte choisirait l’exigence d’une véritable politique de bien commun ? Autant apprendre aux pauvres à mourir après avoir appris aux Français à vivre avec le terrorisme, la viande brésilienne, les œufs ukrainiens et la politique allemande. Au passage, le Conseil constitutionnel explique qu’une bonne discussion démocratique consiste très précisément à ne rien changer d’un projet de loi initial au cours de la discussion.
Ben Gvir, ministre israélien qui réussit à passer en vulgarité un Darmanin et même un Trump
Le fait que ceux qui rendent cet avis sont ceux qui étaient opposés aux amendements nés de la discussion n’a rien qui puisse choquer les observateurs impartiaux de la « démocratie » française qui ne cesse, année après année, de démontrer que la République déteste le peuple. Mais ces palinodies sont surpassées par celles de Trump et Netanyahou, le premier se prétendant toujours fin négociateur au bout de trois mois d’une guerre de deux semaines, et le second affirmant à quel point il mène une guerre juste contre l’Iran en envahissant le Liban, les deux convenant qu’un cessez-le-feu est en fait un permis de tuer unilatéral. Voilà deux champions, deux beaux champions ! et deux champions occidentaux, paraît-il, le yankee nous expliquant à quel point le vieux continent est ingrat de ne pas se ruiner un peu plus dans les guerres qu’il déclenche, le second se prétendant le rempart de l’Europe contre un islam qui y est déjà installé et avec qui il collabore (coucou l’Azerbaïdjan !), les deux mobilisant un judéo-christianisme bizarre qui consiste pour Trump à insulter le pape et pour Nétanyahou à laisser se commettre toutes les exactions possibles à l’encontre des communautés chrétiennes – en promettant bien sûr des enquêtes et des sanctions que l’armée israélienne, la plus morale au monde, la police israélienne, sans doute aussi la plus morale au monde, sans compter les ministres israéliens, enragées de moralité, et à la tête desquels lui, Benjamin « la morale » Nétanyahou, se place, souhaitent avec une sincérité qui n’a d’égale que la moralité de leurs combats. Pendant que les Libanais meurent par centaines et sont ruinés par milliers à causes des bombes israéliennes (les plus morales et les plus chirurgicales et les plus légales des bombes – d’ailleurs fournies par les États-Unis), pendant que les prisonniers palestiniens meurent par centaines dans les geôles israéliennes, pendant que les habitant de Cisjordanie sont assassinés et pillés par les colons israéliens, la France s’émeut du sort de militants gauchistes qui ont été humiliés et insultés par Ben Gvir, ministre israélien qui réussit à passer en vulgarité un Darmanin et même un Trump. Ah il faut entendre tempêter Barrot ! C’est bien simple, on croirait qu’il parle du RN tant il est ferme ; ou de la guerre qu’il a déclarée à la drogue. Bref, résumons-nous, le code noir, qui n’était plus appliqué depuis deux cents ans, a été aboli. Nous sommes dirigés par de méchants crétins démagogues.
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