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Une culture populaire

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Une culture populaire

Depuis son départ du Français, elle triomphe, chaque saison, depuis quarante ans, dans les grandes comédies de boulevard parisiennes. Tout récemment nommée adjointe à la Culture au sein de la mairie de Bry-sur-Marne (94), elle a notamment pour mission la programmation du tout nouveau théâtre de la ville, dont l’inauguration aura lieu le 17 septembre prochain, ainsi que celle du théâtre de l’Hôtel de Malestroit (94).
Propos recueillis par Madeleine Gautier.

Que vous a apporté le théâtre de boulevard après quinze ans passés à la Comédie Française ?

Une véritable respiration ! Avant tout, une sensation de sortir d’un carcan et d’aller, certes, vers des textes moins littéraires et moins construits, mais où une forme de légèreté donnait une sensation de liberté. Si je ne regrette en rien mes six premières années au sein de cette maison unique, passées en compagnie de comédiens pour lesquels j’avais une profonde admiration (Jacques Charon, Robert Hirsch, entre autres) et avec lesquels j’entretenais, en plus de nos relations professionnelles, une relation amicale, les cinq dernières années m’ont donné cette envie de renouveau, ce besoin d’air frais. Cela s’est concrétisé par ma démission après onze ans de bons et loyaux services. Au boulevard, ou plus précisément au théâtre privé, chaque pièce est une nouvelle aventure, avec des comédiens, un metteur en scène différents, contrairement à la « troupe » qui est l’essence même de la Comédie Française. L’habitude des autres, cette forme de sécurité que donne la connaissance d’autrui, vous installe dans le jeu. La surprise est nécessaire au jeu, repartir chaque fois à zéro me semble essentiel. À la Comédie Française, je finissais par avoir la sensation de commencer le travail qu’implique un rôle sur de l’acquis, allié à un respect de la hiérarchie, en tout cas à mon époque. En découlait une sorte de soumission, de réserve, de frein à un lâcher prise. Au boulevard, je ne faisais plus partie des meubles – pour parler plus élégamment, d’un ensemble – c’est bien moi qu’on venait chercher, qu’on voulait, qu’on désirait, qu’on aimait…

Comment expliquez-vous que le théâtre de boulevard soit toujours plébiscité aujourd’hui ?

Au théâtre, l’émotion est essentielle ! Le rire en est une. Souvent, il est suspect. La facilité veut qu’on l’associe à la légèreté, au superficiel. Mais n’est-il pas régénérant, source d’évasion ou abandon d’une réalité, surtout dans une période comme la nôtre. Je dirai que même si l’on rit pour un rien, on rit. Et c’est là l’essentiel. C’est aussi une forme de théâtre qui décomplexe sans doute une certaine catégorie de personnes qui, si elle n’avait pas l’assurance d’oublier les tracas du quotidien, de laisser les soucis sur le paillasson, ne pousserait jamais la porte d’un théâtre…

Est-ce qu’une pièce moyenne peut être sauvée par de bons comédiens ?

Naturellement, l’idéal serait que la pièce soit excellente et l’interprétation remarquable ! Fort heureusement, cela est loin d’être exceptionnel. Cependant, il peut arriver que des pièces discutables, dites « moyennes » voient le jour. Il est bien évident que si, à cette pièce, s’ajoute un comédien insuffisant, on risque la catastrophe. Pour en revenir sur l’efficacité d’un comédien jouant une pièce dite « moyenne », il est sûr qu’il peut par sa présence, son professionnalisme et son invention – surtout s’il s’agit d’une pièce drôle qui le permet – sauver une aventure, à défaut de sauver la pièce à proprement dit.

Quelle sera la programmation du nouveau théâtre de Bry-sur-Marne ?

Le maire de Bry-sur-Marne, Charles Aslangul, m’a offert toute sa confiance en me confiant la programmation de son tout nouveau théâtre qui, du reste, sera officiellement inauguré le 17 septembre prochain. J’ai la volonté qu’il y en ait pour tous les goûts et pour tous les âges. Cette première programmation sera un test. Il est certain qu’à la fin de ce premier trimestre d’exploitation, j’aurai une connaissance plus précise des attentes du public bryard. Mais en attendant, j’ai d’ores et déjà privilégié la qualité (notamment Clémentine Célarié dans Une vie de Maupassant) dans des registres très différents (La grande petite Mireille d’Hervé Devolder), des humoristes et non des moindres, tel Gaspard Proust : c’est lui qui donnera le « la » de cette programmation. Une pièce d’Eric Assous, un de nos auteurs les plus prolifiques, malheureusement disparu dernièrement, une sorte d’hommage. Des spectacles musicaux, de la danse (hip hop), un superbe spectacle pour les scolaires de 3 à 8 ans… J’attends donc avec impatience de recueillir le retour du public qui me guidera alors sur le « comment mieux faire la prochaine fois ».

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