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Un peu d’histoire

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Un peu d’histoire

Canal Plus programme actuellement une nouvelle série télévisée, Versailles, approche romancée de la vie à la cour de Louis XIV et de la personnalité du Roi, mais aussi mise en évidence de la passion dévorante que le souverain éprouvait pour le palais qu’il était en train de faire édifier. Mathieu Da Vinha, historien des plus sérieux, spécialiste de la période, a prêté son concours à l’élaboration de ce feuilleton, sans empêcher, c’est la loi du genre, de sérieuses entorses à la vérité historique censées soutenir ou relancer l’attention du téléspectateur.

C’est précisément à ces téléspectateurs que l’historien s’adresse, afin de rectifier les erreurs introduites dans le scénario et tenter de donner de l’époque et ses protagonistes une vision plus juste.

Voici donc un ouvrage de vulgarisation complet, intelligent, bien fait, très accessible mais qui n’apprendra évidemment rien à quiconque possède un semblant de connaissances sur le Grand Siècle.

Versailles, enquête historique, de Mathieu Da Vinha, Tallandier, 255 p., 18,90 euros.

Malgré quelques vraies réussites, la bande dessinée, genre, il est vrai, marqué à gauche, s’est peu intéressée à la Vendée et la chouannerie. C’est pourquoi cette biographie du Saint de l’Anjou est à marquer d’une pierre, blanche, bien entendu ! Il s’agit, en effet, d’une vraie réussite. Sur un scénario solide et documenté évitant les à peu près, s’appuie le graphisme élégant et sensible de Denoël qui sait donner aussi bien aux décors qu’aux personnages une beauté trop souvent dédaignée par les dessinateurs français, adeptes de la laideur.

Racontée par son ami d’enfance, l’abbé Marchais, curé du Pin-en-Mauges, la vie de Jacques Cathelineau, premier généralissime de l’Armée catholique et royale, est restituée avec une grande fidélité à la réalité historique, et un souci constant de la dimension spirituelle du personnage. S’il a fallu parfois simplifier, à l’intention d’un public, jeune ou adulte, de plus en plus ignorant, l’ensemble est cependant d’une belle tenue et donne un album que tout passionné de la Vendée militaire appréciera.

Cathelineau, de Coline Dupuy et Régis Parenteau-Denoël, Artège, 56 p., 14,50 euros.

À l’aube du XVIIIe siècle, Voltaire s’essaya à l’histoire « totale » en proposant un vaste panorama du règne de Louis XIV qui abordait tous les aspects de l’époque et mettait en évidence l’influence royale en tous domaines. En ce tricentenaire de la mort du Roi-Soleil, les meilleurs connaisseurs du Grand Siècle se sont associés sous la direction de Jean-Christian Petitfils, lui-même auteur d’une biographie essentielle du roi, afin de donner à leur tour, avec le recul du temps et l’apport de sources longtemps inexploitées, une vue d’ensemble de la vie, de l’œuvre et du royaume de Louis XIV. À la fois grand public et remarquablement documenté, ce livre éclaire aussi bien le caractère ou le quotidien du souverain que sa conception du pouvoir, sa façon de travailler, le choix de ses ministres et conseillers, le regard qu’il portait sur les grands « dossiers » du temps, qu’il s’agisse de politique, d’économie, de guerre, de diplomatie, de religion.

Sans rien cacher des erreurs ou des échecs royaux, les auteurs donnent cependant une vision d’ensemble juste et apaisée qui met en évidence la grandeur de Louis XIV et de son règne. Une somme qui résume en les rendant accessibles les derniers apports de l’historiographie à notre connaissance de la période.

Le siècle de Louis XIV, Sous la direction de Jean-Christian Petitfils, Le Figaro-Histoire Perrin, 456 p., 23 euros.

Une histoire des mystères de la Nativité, de l’Annonciation au retour d’Égypte : voici un archétype de l’épisode de l’Histoire sainte adaptée aux tout-petits.

Pourtant, comment être satisfait ? Adapter ne signifie pas déformer sous prétexte de rendre plus compréhensible l’évangile … En choisissant d’humaniser le mystère, jusqu’à le bannir, il y a trahison du message, normalisation, banalisation, et cela alors que les enfants sont à un âge où le sacré les frappe sans les scandaliser ni les étonner.

Il est vrai que l’album, traduit de l’anglais, vise, à l’origine, un public protestant. L’ennui étant qu’il s’adresse en principe, de ce côté-ci de la Manche, à un public catholique, lequel devrait, normalement, s’étonner de voir ainsi mis à mal l’essentiel des dogmes marials.

Quant aux illustrations, inspirées des années 70, elles montrent des personnages culbuto, aux corps et visages à peine esquissés, dont le seul charme réside en des couleurs très vives et une jolie luminosité.

La très belle histoire de la naissance de Jésus, de Marion Thomas et Martina Peluso, Salvator, 28 p., 12, 90 euros.

Les dernières paroles prêtées par la postérité aux personnages célèbres ont de bonnes chances d’être apocryphes. Car, hormis les condamnés à mort ou les suicidés qui ont le temps de mûrir leur mot de la fin, la plupart des agonisants, lorsqu’ils sont encore en état de s’exprimer, débitent de navrantes platitudes. Que dire de ceux qui, victimes d’un accident ou d’un assassin, ne se voient pas partir, et s’en vont, tel Jaurès, en criant au serveur du Café du Croissant : « Une tarte aux fraises ! » …

Thomas Snégaroff, pour les besoins d’une émission estivale, a collecté les dernières répliques de quelques figures contemporaines et médiatiques, auxquelles il a ajouté, pour le plaisir, deux héros de fiction : Dark Vador et Citizen Kane. Il a précédé ces ultima verba sans relief de brèves biographies. Ce qui frappe, c’est l’immense vacuité spirituelle de ces hommes et ces femmes, beaux, riches, célèbres, adulés souvent car la plupart des figures retenues sont celles d’artistes, et dont la mort se révèle d’une tristesse proportionnée à leur matérialisme.

Le fin mot de l’histoire, de Thomas Snégaroff, Tallandier-France Info, 170 p., 13,90 euros.

À son lit de mort, Louis XIV, dit-on, confessa au futur Louis XV avoir « trop aimé la guerre ». Il est vrai que le règne, commencé dans les derniers soubresauts de la Guerre de Trente ans, achevé dans les terribles angoisses de la Guerre de Succession d’Espagne, se déroula sous le signe de Mars et de Bellone. Le Roi n’en éprouva pas toujours de remords ni de scrupules. Au contraire, et presque jusqu’au bout, il assuma son personnage de « roi de guerre », non tant pour sa propre gloire mais pour celle de la France dont il cherchait le bien et la sécurité.

John Lynn le sait, mais ne l’admet pas toujours. En bon Anglo-Saxon, la construction du Pré carré et sa sauvegarde, ou la défense du catholicisme, n’apparaissent pas fatalement une justification aux cruautés inhérentes aux combats, moins encore aux violences commises dans le Palatinat ou les Cévennes camisardes. Critique, dur, parfois jusqu’à l’injustice, du moins d’un point de vue français, son gros ouvrage représente cependant une synthèse solide et complète de la politique militaire de Louis XIV, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur du Royaume.

Les guerres de Louis XIV, de John A. Lynn, Perrin Tempus, 560 p., 12 euros.

Voici le seul ouvrage consacré au Régent en ce tricentenaire de sa prise de pouvoir. Encore date-t-il de 1938. Cela se sent aux partis pris, très orientés par le contexte de sa rédaction, de Philippe Erlanger qui relit les débuts du XVIIIe siècle à la lumière des accointances entre Hitler, Mussolini et Franco. On l’oublie vite, emporté par le style superbe de l’historien, et la vibrante sympathie qu’il éprouve envers son héros. Cette réhabilitation passionnée du duc d’Orléans s’accompagne d’une analyse féroce mais pénétrante de la politique de Philippe V qui, devenu roi d’Espagne, se comporta en roi d’Espagne. Autrement dit en ennemi décidé de la France. On ne saurait le lui reprocher. On ne saurait l’oublier non plus.

Le Régent, de Philippe Erlanger, Perrin Tempus, 400 p., 10 euros.

Les intuitions des bons romanciers sont parfois pénétrantes. Jean d’Aillon, par ailleurs excellent connaisseur de l’époque, le démontre avec ces aventures de Roque Lagarde, dit Trois Sueurs, officier protestant que la révocation de l’édit de Nantes et les dragonnades ont transformé en bandit de grand chemin dans les gorges d’Ollioules, puis en agent du duc d’Orléans qui lui a permis de reprendre une vie normale, ou presque. Aussi, lorsque Saint-Simon accourt demander l’aide de l’ancien brigand afin de disculper le Prince accusé d’avoir empoisonné tous ceux qui se dressaient entre le trône et lui, Lagarde n’hésite pas et se rue à Paris mener sa propre enquête.

À la différence de la plupart des historiens, d’Aillon n’écarte pas la piste criminelle mais pointe dans une direction bien éloignée du duc d’Orléans … Une autre nouvelle du volume, La terrifiante agression, propose, des origines de la peste de Marseille, une explication remarquablement intéressante. Et plausible.

L’obscure mort des Ducs, de Jean d’Aillon, Le Masque, 445 p., 8,50 euros.

Rarissimes, même parmi les bons connaisseurs du XVIIe siècle, sont ceux à qui le nom de François-Paul de Lisola dit quelque chose. Pourtant, ce Franc-Comtois d’origine gênoise, né sujet espagnol et qui ne devait jamais pardonner à Louis XIV d’avoir annexé sa province natale, fut, dans l’ombre, l’initiateur et l’instigateur d’un redoutable travail de propagande anti-française qui devait durablement inspirer les ennemis du Roi.

La publication en 1667 d’un pamphlet aujourd’hui oublié mais alors célèbre, Le Bouclier d’État et de Justice, premier d’une longue série souvent copié sans être égalé, donna le signal d’une véritable contre-offensive à l’heure où les premiers triomphes français plongeaient l’Europe dans l’inquiétude. La plupart des libelles et des caricatures répandus ensuite contre le Roi de France trouvent là leur première inspiration.

Constatant l’importance de l’œuvre oubliée de Lisola, et son influence qui perdura, dans le monde germanique, très longtemps, le professeur Levillain propose une analyse profonde et fine du texte, accompagnée d’une excellente approche de son auteur.

Quiconque s’intéresse à l’histoire des idées ou de la diplomatie tirera profit de la lecture de cette étude.

Le procès de Louis XIV, une guerre psychologique, de Charles-Édouard Levillain, Tallandier, 400 p., 24,90 euros.

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