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Pourquoi toujours mettre les vieux en avant ?

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Pourquoi toujours mettre les vieux en avant ?

Depuis le début de la pandémie, le gouvernement français n’a cessé de mettre les « vieux » en avant, officiellement pour les protéger. Quand toute communication politique est exclusivement fondée sur l’observation des chiffres et que les données statistiques tiennent lieu de raisonnement, il est facile de s’abriter derrière les vieux pour expliquer que tel ou tel événement imprévu accroît leur mortalité ou que tel ou tel comportement est plus nocif qu’un autre. En effet, en dehors de toute cause exceptionnelle, le vieillissement de la population des classes nombreuses de l’après-guerre conduit à une augmentation moyenne, naturelle, du nombre des décès de l’ordre de 13 000 par an en France selon l’Institut national d’études démographiques (Ined).
Les vieux sont plus fragiles, il faut donc ne pas risquer de les contaminer. Mais toute politique qui annonce vouloir prolonger la vie des vieux (et des très vieux) est vouée à l’échec. Si l’espérance de vie est de 82 ans, faut-il s’étonner de voir que l’âge moyen des personnes qui décèdent depuis le début de la crise soit justement de 82 ans et leur âge médian de 85 ans ? Que les personnes âgées de plus de 75 ans représentent 78 % des décès ? Alors pourquoi mettre en avant la protection des personnes âgées ? Pourquoi expliquer la politique suivie par une action dont tout le monde connaît la vacuité ? Ou, pour poser la question autrement, qu’est-ce que cela cherche à cacher ?
Quand on croise les chiffres détaillés publiés par Santé publique France, on constate que moins de 55 % des vieux qui sont décédés depuis le mois de mars 2020 sont déclarés avoir été considérés comme positifs à la Covid-19 au moment de leur décès et, parmi ceux-ci, que la contamination par le coronavirus était confirmée pour à peine 58 % d’entre eux. Plus finement encore, on constate que pour à peine 35 % d’entre eux, le certificat de décès ne mentionnait aucune autre cause de décès. C’est-à-dire que 65 % des personnes âgées décédées enregistrées comme victimes de la Covid, souffraient aussi de problèmes cardiaques, d’hypertension artérielle, de diabète, d’insuffisance rénale, de pathologies respiratoires…

Comment a-t-on protégé les vieux ?

Pour protéger les vieux, on n’a rien trouvé de mieux que de les isoler. Ceux qui sont en Ehpad ont été empêchés de voir les membres de leur famille. Les enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants ont été interdits de visite. Venant de l’extérieur, ils auraient pu introduire le virus dans l’établissement et donc communiquer la maladie à tous les pensionnaires. Mais, le personnel soignant, le personnel chargé du ménage ou de la cuisine, le personnel administratif, toutes ces personnes étaient bien obligées d’aller et venir. On n’a pas pu les retenir prisonnières dans les établissements – même si on l’a tenté dans l’un d’entre eux – et on n’a pas dit qu’elles étaient la cause d’un quelconque emballement dans l’un de ces établissements transformés en forteresses. Non, les seules personnes totalement exclues ont été les membres des familles. C’était, a-t-on répété ad nauseam, qu’il fallait protéger les plus fragiles, protéger les vieux. En fait, en les privant de tout contact avec ceux qui les aimaient (ce n’est pas pour rien que je mets le verbe à l’imparfait), on les a tués.
Sous prétexte, nous a-t-on dit, de les empêcher de souffrir quand ils étaient malades, car on ne pouvait ni les sortir de peur qu’ils ne propagent la pandémie ni les soigner car on n’avait pas assez de lits disponibles, on leur a administré un calmant, le Rivotril, dont tout le monde sait qu’il hâte la mort des personnes incurables. À l’inverse, les traitements dont certains médecins avaient usé au début de la crise sanitaire pour traiter leurs patients, ont été interdits. On est donc en droit de se demander si le discours officiel est un discours de vérité ou un discours de circonstance permettant de soulager les hôpitaux engorgés et de faire baisser la densité de la population dont on nous dit qu’elle est trop nombreuse. De plus, ne serait-ce pas aussi un moyen de faire baisser la charge insupportable des retraites alors que, chômage oblige, le nombre des cotisants diminue et, allongement de la vie aidant, le nombre des bénéficiaires ne cesse d’augmenter ?
Pour en rester aux seules informations officielles globales, examinons les chiffres, de l’année 2020, tels qu’ils ont été publiés par l’INSEE à la fin du mois de janvier 2021. En nombre absolu, la mortalité pour les tranches d’âge de 0 à 65 ans n’a pas varié depuis 2015.
Le nombre des morts dans la tranche d’âge allant de 65 à 70 ans a continué à augmenter légèrement, au rythme du vieillissement des « baby-boomers ». Là, par contre, où on a constaté une nette accélération de la mortalité, c’est chez les plus de 75 ans. Effet du vieillissement, de la Covid-19, de l’isolement ou du Rivotril ? Si l’objectif du gouvernement a été de protéger les personnes âgées, le moins que l’on puisse dire est que la politique a échoué. Alors comment expliquer qu’on la poursuive, surtout de la part d’un gouvernement qui a tellement varié dans les autres mesures qu’il a préconisées et qui n’a pas hésité plus d’une fois à se renier ?

Quelles conséquences de la vaccination ?

Le 27 décembre 2020, les vaccins ont commencé à être administrés en France, alors même que « Monsieur Vaccin », le professeur Alain Fisher, ne pouvait pas assurer qu’ils étaient efficaces ni qu’ils ne présentaient aucun risque. Il est vrai qu’ils n’ont été autorisés qu’à titre temporaire puisque la dernière phase d’expérimentation n’est pas achevée et que donc les personnes qui se font vacciner doivent préalablement reconnaître qu’elles ont reçu les informations nécessaires leur permettant d’apprécier les risques qu’elles encourent ; c’est ce qu’on appelle donner son consentement éclairé.
La « stratégie vaccinale » mise en œuvre en France a consisté à réserver ces vaccins en priorité aux personnes âgées puisqu’il fallait les « protéger » et alors même que les essais des laboratoires n’avaient pas été réalisés en priorité sur ce type de population. Il y a bien eu des « effets indésirables », obligeant à des hospitalisations d’urgence et des « incidents » conduisant à la mort. Mais ces constatations ne permettent pas de mettre en cause les vaccins puisque les personnes décédées étaient déjà « en fin de vie » et qu’elles présentaient des causes de « comorbidité » importantes. Ainsi, en France, un malade atteint d’un cancer en phase terminale est réputé mort de la Covid-19 quand il décède s’il n’a pas été vacciné (et que l’on suppute qu’il avait été atteint par le virus) et d’une autre cause s’il a été vacciné sans, dans ce dernier cas, que l’on recherche si le défunt était ou non porteur du virus, sauf si la famille le demande. Si l’on compare les statistiques publiées par Santé publique France avant et après le début de la vaccination des vieux, on constate que l’effet de celle-ci sur la mortalité n’était pas perceptible deux mois et demi après le début de la campagne. Mais, peut-être, est-ce trop tôt pour savoir ?
Brigitte Bourguignon, ministre chargé de l’Autonomie (sic), a explicité le 13 mars 2021 le nouveau protocole applicable désormais dans les Ehpad. « Les résidents, quel que soit leur statut vaccinal et immunitaire, doivent retrouver les mêmes droits que le reste de la population, comme la possibilité de voir leurs proches, à l’extérieur ou à l’intérieur de l’établissement. » Les personnes âgées vaccinées « pourront se rendre chez leurs proches, sans se faire tester avant ». Les personnes non vaccinées seront, elles aussi, autorisées à sortir, mais devront respecter un isolement de sept jours à leur retour dans l’établissement. Après le 15 mars 2021, les activités collectives sont à nouveau autorisées et les familles peuvent rendre visite aux vieux dans leur chambre. Quant aux parois en plexiglas qui ont été installées voici près d’un an, elles commencent à être retirées. Madame Bourguignon ne faisait qu’appliquer les déclarations du ministre de la Santé, en date du 4 mars : « Nous rendrons progressivement leur liberté aux personnes âgées » ! C’est donc bien qu’elles avaient été privées de cette liberté. Paraît-il pour les protéger. Pour les empêcher de tomber malades, on les avait donc bien privées de liberté. Mais ce n’était pas le point de vue de Thérèse Zrihen-Dvir qui s’est exprimée à propos de la campagne de vaccination des personnes âgées en Israël : « Si l’objectif était de se débarrasser des vieux et des malades, ils l’ont atteint ». Quant à l’évêque auxiliaire de Paris, Mgr Benoist de Sinety, il a fait remarquer le 14 mars 2021, que tout le monde dit tout et le contraire de tout et ne craint donc pas d’« affirmer avec force qu’il faut tout faire pour sauver les plus fragiles d’entre nous de ce satané virus, quitte à les enfermer et à les isoler au nom de la sacralité de leurs vies, et en même temps s’interroger à haute voix sur la légalisation de l’euthanasie ».

Quelles conséquences pour les relations intergénérationnelles ?

Il faut protéger les vieux ! Pour cela on empêche les jeunes de vivre, de se retrouver entre eux, d’étudier et de s’amuser. Si ceux-ci manifestent leur mécontentement face aux mesures prises, on leur répète qu’il s’agit de protéger les « vieux ». Un esprit chagrin pourrait penser que si l’on voulait tuer la solidarité intergénérationnelle et promouvoir l’euthanasie dans l’esprit des jeunes l’on ne s’y prendrait pas autrement.
Le 17 février 2021, les médias français publiaient un sondage Odoxa selon lequel 56 % des Français craindraient un conflit intergénérationnel. Pour 59 % des personnes interrogées dans la tranche d̕âge 18-34 ans, il serait nécessaire de confiner les personnes âgées. Ce à quoi, les commentateurs du sondage ont répondu en disant que les personnes âgées n’auraient pas lieu d’être confinées dans la mesure où elles auraient été vaccinées.

« Quiconque refusera d’obéir à la volonté générale y sera contraint par tout le corps, ce qui ne signifie autre chose sinon qu’on le forcera d’être libre ».
Jean-Jacques Rousseau

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