Civilisation

Un écrivain maudit au Japon
Après nous avoir donné le splendide Grandeur et décadence des Caligny, Muriel de Rengervé nous emmène ce coup-ci au Japon. Mais il y a très peu d’exotisme, nous ne sommes pas chez Loti.
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Qui aurait cru que Jean d’Ormesson avait si bien réussi sa mort ?
Et d’autant mieux que deux auteurs nous la racontent en détail et en perspective, avec un goût littéraire qu’égale leur sûreté historique. Et à côté de Jean qui clôt l’ouvrage, Shakespeare, Cervantès, Dumas et Mishima. Ces morts littéraires composent moins une anthologie curieuse qu’une méditation à la fois avisée et souriante sur les instants derniers, mystérieux ou prosaïques, terribles ou doux, que la célébrité des mourants a permis de documenter précisément. Thomas More plaisantant jusqu’au bout, Cervantès écrivant qu’il a « mis le pied à l’étrier » pour sa dernière chevauchée, et même Mauriac, dont on nous épargne la mort, heureusement, mais qui invente celle de Racine avec la cautèle qu’on imagine, chaque texte est une petite monographie, un essai, et même une méditation sur la vanité, quand on considère la mort de Stendhal. Ne vous privez pas de cette promenade funèbre dans son sujet mais assez allègre dans son ton, et même revigorante !