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Marie Tudor

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Marie Tudor

Seule survivante de la nombreuse progéniture qu’Henry VIII d’Angleterre avait eue de Catherine d’Aragon, mais, pour son malheur, fille quand le roi voulait à toutes forces un fils qui assiérait la dynastie Tudor, Mary se vit, après la répudiation de sa mère et le passage de son père à la Réforme, non seulement écartée du trône mais contrainte à abjurer la foi catholique.

Âgée de quinze ans, soumise aux pires vexations, séparée de sa mère, menacée de mort, la princesse finit par céder au chantage paternel. Elle ne l’oublia jamais  ; cette humiliation primitive qui l’amena à se mépriser, explique l’intransigeance dont elle fit preuve envers le protestantisme quand elle succéda à son demi-frère Edward VI.

Mary la Sanglante est entourée d’une réputation si noire que toute réhabilitation semble vouée à l’échec. Il faut d’autant plus admirer Isabelle Fernandes d’avoir pris ce risque et donné une biographie de la reine réellement remarquable. Car, en vérité, que reproche-t-on, aussi bien dans l’historiographie anglaise protestante que parmi des auteurs français hostiles au catholicisme, à Mary Ière, sinon d’avoir voulu restaurer la foi de Rome, quitte à livrer au bûcher ceux qui s’y opposaient, pratique courante à l’époque, plus encore chez les Réformés que chez les papistes ?

Faisant preuve d’une connaissance approfondie du contexte, et de la psychologie de la princesse, Isabelle Fernandes livre le portrait d’une femme douloureuse, tourmentée, hantée par l’inexpiable lâcheté d’avoir reculé devant le martyre, la souffrance d’avoir été rejetée par son père, déclarée bâtarde, l’échec de son mariage tardif avec Philippe II, et son incapacité à mettre au monde l’enfant qui aurait assuré le triomphe du catholicisme en Angleterre. Méconnue, haïe, Marie Tudor se révèle dans ce beau livre très éloignée de ses sombres et sanglants portraits …

Marie Tudor, d’Isabelle Fernandes, Tallandier Texto, 400 p.? 10,50 €.

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