Recevez la lettre mensuelle de Politique Magazine

Fermer
Facebook Twitter Youtube

Article consultable sur https://politiquemagazine.fr

L’ultime roman de René Bazin

Facebook Twitter Email Imprimer

L’ultime roman de René Bazin

Dans une ferme morbihannaise, en ce Noël 1915, Gildas, le cadet, comme son frère Pol avant lui, s’apprête à partir pour le front. Avant cette séparation, Anna, parente pauvre devenue domestique de la maison, aimerait que Gildas lui dise qu’il l’aime et voudrait qu’elle l’attende.

Mais Gildas partira sans rien dire. Quand Anna comprendra que son amoureux a entendu l’appel de Dieu et espère, malgré son âge avancé pour l’époque, entrer au séminaire, ne lui restera qu’à défendre son amour, ou renoncer, en vraie chrétienne et se vouer au célibat définitif.

Bazin, dont Magnificat est l’ultime roman, paru en 1931, écrivit le livre sur le conseil d’amis prêtres, afin de lutter contre la crise des vocations. Le futur Pie XII estima l’édifiante histoire de l’abbé Maguern bénéfique aux âmes et à la foi.

L’est-il encore aujourd’hui ou n’en reste-t-il qu’un témoignage, émouvant mais vieilli, d’une époque dépassée ? Existe-t-il un public capable d’apprécier la belle langue de l’académicien catholique, de ne pas ricaner aux timides amours d’Anna et Gildas, d’admettre le sacrifice de la jeune fille, qui semblera risible et vain à beaucoup ? Cela reste à prouver et en dit long sur l’effondrement, moral, religieux, mais aussi culturel, de notre pays.

Magnificat, de René Bazin, Via Romana, 300 p., 19 euros.

Facebook Twitter Email Imprimer

Abonnez-vous Abonnement Faire un don

Articles liés

France

« Réveille-toi, ô toi qui dors… »

« Réveille-toi, ô toi qui dors… »

Par Claude Wallaert

C’est bien à nous, Français, qu’il s’adresse, cet homme intrépide ; il sonne la diane et nous encourage ! Son message est d’abord vibrant et stimulant comme un appel de trompette : ironie mordante, chronique moqueuse, galerie de portraits souvent cruels, nous avons droit à tout cela ; puis, la charge s’apaise, la mélodie se fait grave : une fois bien réveillés, nous sommes rappelés à nos devoirs de Français, et encouragés à relever la tête.