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La Bérézina


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Après avoir vu son père assassiné sous ses yeux lors de la prise des Tuileries, le jeune Amaury de La Buissonnière a pu trouver refuge à l’ambassade de Russie. Dix ans plus tard, devenu un homme, il sert dans le prestigieux corps des Chevaliers Gardes. Griévement blessé à Austerlitz, l’officier émigré, fait prisonnier, est arraché à la mort par un médecin militaire, le docteur Berget, qui a grandi dans l’antique demeure normande des La Buissonnière, acquise comme bien national par son père. Persuadé de payer d’une certaine façon sa dette envers l’authentique héritier de la propriété, Berget ne tarde pas à se lier avec lui d’une amitié intime, bientôt mise à mal lorsque, étant retourné servir le Tsar, Amaury rejoint, une nouvelle fois, le camp opposé. Alors que Napoléon, « vaincu par sa conquête », quitte Moscou en flammes et retraite trop tard à travers l’hiver russe, les deux hommes vont se retrouver de nouveau face à face. Leur amitié y résistera-t-elle ?
Rien de plus improbable, avouons-le, que cette intrigue aux allures de bleuette et passablement tirée par les cheveux. S’il put y avoir estime entre Français des deux bords, ce fut rarement autour de la question des biens d’émigrés … Quant aux motivations d’Amaury, elles ne reflètent guère celles des émigrés pour lesquels, le plus souvent, servir contre leur patrie et leurs compatriotes fut un véritable crève cœur. Au demeurant, comme déjà dans le volume consacré à Valmy, les royalistes sont, dans cette série, toujours méconnus et caricaturés. L’on portera toutefois au crédit de Gloris une incontestable volonté de réconciliation et, comme toujours, un vrai sens de la grandeur nationale.

Gloris, Mutti, Fogolin : La Bérézina
, Delcourt. 65 p . 12,50 €

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