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Hitler vu par sa secrétaire

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Hitler vu par sa secrétaire

L’ignorance, l’égoïsme et la sottise constituent-ils des excuses absolutoires ? Telle est la question que se posa jusqu’à sa mort Traudl Junge, qui fut, de 1941 à mai 1945, l’une des secrétaires personnelles de Hitler.

Longtemps, ses proches, et même les organismes de dénazification, lui soutinrent que sa jeunesse, -elle avait vingt-deux ans quand elle avait été embauchée par le Führer.- l’absolvait et qu’il était vain de se reprocher le passé. Elle-même, pour tardive qu’eut été sa prise de conscience, n’en était pas très sûre et c’est ce doute qui la poussa, peu avant sa mort, en 2002, à accepter de publier ses Mémoires.

Sous le titre accrocheur Dans la tanière du loup, du nom donné au grand quartier général de Hitler en Prusse Orientale, Mme Junge livra des carnets rédigés en 1947, à chaud, rédigés à la hâte dans la crainte d’oublier des détails importants. Tel quel, par son manque de recul dont elle se scandalisait en les relisant, ce texte constitue un document brut précieux à l’historien, et il a largement inspiré le film La Chute qui provoqua dans l’opinion une véritable commotion. La raison en est évidente.

Mme Junge parle avec une sorte de tendresse nostalgique de son patron, un monsieur vieillissant, en mauvaise santé, très gentil, très attentionné, qu’elle admirait et aimait beaucoup. L’ennui étant qu’il s’agissait d’Adolf Hitler … Se pose alors une question dérangeante : peut-on vivre quatre ans aux côtés du Mal incarné sans s’en rendre compte, ou faut-il supposer que Hitler était un homme comme les autres ? Mais a-t-on le droit de lui restituer cette part d’humanité ?

N’est-ce pas remettre en cause tout ce que Rousseau a dit de la bonté intrinsèque de notre espèce, voire admettre qu’il existe en tout humain une part noire qui serait la marque du péché originel ? La très naïve Mme Junge aurait été bien surprise de savoir que son modeste témoignage conduisait à de telles interrogations métaphysiques …

Traudl Junge : Dans la tanière du loup
Tallandier Texto ; 310 p ; 10,50 €

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