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Haro sur les vilains !

On a beaucoup critiqué Louis le Pieux (814-840), fils de Charlemagne. Thégan, chorévêque de Trèves, l’a défendu de son vivant, notamment contre Ebbon, archevêque de Reims, félon s’il en fut.

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Haro sur les vilains !

Il l’a défendu « dans un style bref et, à vrai dire, avec plus de pertinence que d’élégance », nous dit Walahfrid Strabon (c’est-à-dire le bigleux). Thégan a eu bien raison. On aime qu’il nous dise que Louis-le-Pieux ne réserva rien de l’héritage de son père sinon « une table d’argent de forme triple, comme si trois boucliers étaient réunis ensemble », qu’il « était toujours paré de toutes bonnes vertus », qu’il refuse la condamnation à mort de ceux qui complotèrent contre lui à l’instigation de son neveu Bernard, fils de Pépin, à qui on se contenta de crever les yeux comme au « fils de la fille d’Hardrad, le très infidèle duc des régions orientales ». Louis guerroie d’un bout de l’empire à l’autre, expédie ses frères au couvent, et nomme parfois des évêques « tirés d’une très vile condition servile », grave erreur ! Car ces fils de serfs, comme Ebbon, « être sans pudeur et très cruel », se retournèrent contre Louis et contribuèrent à le destituer. Il faut voir comme Thégan l’assaisonne, demandant à Dieu pourquoi son ange, capable d’exterminer 185 000 infidèles en une nuit sous le règne de Sennachérib ou de faire grouiller la vermine sur le corps d’Hérode le jeune, ne s’est pas occupé d’Ebbon ! Ses invectives sont aussi inspirées que celles des prophètes de l’Ancien Testament. Et à chaque page, avec un grand bonheur d’expression et une grande science, Philippe Depreux détaille les généalogies, confronte les annales, précise les faits, explique sa traduction. Tout se termine par la déchéance d’Ebbon, « le plus vilain des culs-terreux (turpissimus rusticus) », et la mort de Bérenger, comme chez Ionesco.

 

Thégan, La Bonté de l’empereur Louis. Les Belles Lettres, 2026, 168 p., 25 €

 


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