Notre-Dame de Paris ayant flambé, l’État s’est penché sur le sort des quatre-vingt-sept cathédrales « affectées » (sic) au ministère de la Culture. Plan d’actions, cinquante-huit mesures, audits, équipements… mais aussi documentation photographique des lieux.
Sous les toits des cathédrales résume cette campagne qui reproduit, 170 ans plus tard, la Mission héliographique de 1851 qui parcourut la France pour en photographier tous les monuments historiques. La cathédrale Saint-André de Bordeaux, avec sa structure en béton armé, les combles boisés du transept de Notre-Dame d’Amiens, la charpente métallique de Saint-Etienne à Metz, on pénètre dans des lieux fermés, accompagné par le photographe (qui sait saisir l’étrangeté des charpentes au-dessus de l’abside de Notre-Dame-de-l’Assomption, à Montauban : on croirait un silo atomique médiéval) et l’écrivain, qui, dans sa notice, nous dit tout du plan initial de 1692, de l’écroulement de 1707, des restaurations de 1831… et de la fermeture de la cathédrale en 2020, à cause de fissures. De vieilles photos en restaurations récentes, les « voiles refends en béton armé » remplaçant, en 1975, la charpente du XVIe siècle disparue dans un incendie en 1972 (cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Nantes), de schémas nous permettant d’identifier les « faux-entraits » à une légende vantant les Ateliers Desmonts et leur prototype de « double ergot [qui] peut avantageusement renforcer un assemblage dont il a été historiquement prouvé qu’il est fragile » au lieu de deux vis, efficaces, certes, mais qui « auraient bloqué l’assemblage et la notion fondamentale de fonctionnement bois sur bois de la charpente gothique », nous progressons sous les combles, sur des passerelles toutes simples, sous des voûtes de troncs bruts surplombant des voûtes pierreuses à peine dégrossies sur lesquelles, parfois, grimpe un escalier, comme à Saint-Maurice d’Angers. Il y a une vie mystérieuse dans ces combles, plus « enfouis », en quelque sorte, que les cryptes, plus inaccessibles, et pourtant indispensables. Le texte les explique, les images les montrent, l’ouvrage les célèbre.
Sous la direction d’Isabelle Chave, Sous les toits des cathédrales. Éd. du Patrimoine, 2026, 300 p., 49 €

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