Civilisation
Demain, des hommes
Via Romana propose une réédition sous forme de plaquette de quelques considérations sur l’éducation de René Bazin, l’auteur des Oberlé, de La Terre qui meurt, de la première biographie de Charles de Foucauld.
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Nous recommandons chaleureusement à nos lecteurs les éditions Meystre. Elles éditent une collection de livres dirigés par Xavier Meystre. De beaux livres, aux titres classiques, où René Bazin côtoie Léon Bloy, Léon Daudet, Henri Massis, Antoine Blanc de Saint-Bonnet, Gonzague de Reynold, etc. ; leur présentation et leur édition sont soignées et d’un goût discrètement raffiné, avec des préfaces de haute qualité. Et puisque nous y sommes, nous signalons deux dernières parutions de cette année 2026, L’Isolée de René Bazin et Le Disciple de Paul Bourget.
Ces deux romans ont été fortement critiqués dès leur parution, fin XIXe et début XXe siècle, et de même par la suite par une critique républicaine et journalistique qui cherchait à disqualifier les auteurs, Bourget et Bazin, et leurs œuvres, abondantes et charpentées, en traitant le genre social, politique et religieux qu’ils abordaient avec conviction, perspicacité, naturel et intelligence, de « romans à thèse », c’est-à-dire ennuyeux, pesants, convenus dans l’analyse, l’intrigue et le dénouement, bref de la mauvaise littérature.
Or, rien n’est plus faux. Comme le montrent brillamment Eddy Hanquier et Roland Thévenet, qui ont écrit respectivement les préfaces, le premier, du Disciple, le second de L’Isolée. En réalité, ce sont même des chefs-d’œuvre, avec des qualités de style et des profondeurs d’analyse qui valent largement les Zola et autres prétendus naturalistes. Le Disciple est d’un enchaînement tant logique que psychologique d’une intensité et d’une rigueur romanesques qui n’ont rien à envier aux meilleurs romans de Balzac, et qui montrent en effet les ravages causés par la profession officielle dans l’Université républicaine de la philosophie de la morale dite indépendante. Et que dire aujourd’hui où les gosses tuent leurs profs ? Pareillement, L’Isolée livre avec une puissance de compréhension terrifiante le résultat des politiques anticléricales de la IIIe République, totalement oubliées aujourd’hui, et, pourtant, à quoi s’identifie ladite République, mais rien ne saurait anéantir les ressorts de la religion vraie qui ne ferme jamais les portes du salut.
Bourget, Bazin, deux auteurs admirables dont les œuvres complètes méritent de retrouver tout leur lustre. Sociologues de haute volée, stylistes méconnus – et pourtant de l’Académie française – d’une langue française aussi riche qu’appropriée, ils ont décrit, annoncé, le bouleversement radical que la République des républicains allait entraîner dans la société française, Bourget, surtout dans l’ordre familial et traditionnel, Bazin, dans le monde terrien, religieux, éducatif. Ils ont vu juste. Totalement. Nous en subissons les conséquences aujourd’hui. Rendons hommage à ces deux écrivains de notre race et de notre esprit. Merci aux éditions Meystre.
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