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Apocalypse

Voici que l’été approche de son déclin : les arbres commencent doucement à se teinter de roux, surtout les marronniers. Ici ou là, les premiers cyclamens sauvages pointent leurs petits nez d’un mauve délicat ; ces notes de couleur ténue volontiers pelotonnées dans l’ombre rappellent par leur pointillisme les appels flûtés du crapaud accoucheur piquetant la nuit étoilée. Mais au couchant de l’été, ces derniers se sont tus, rejoints par leurs compagnes sous les pierres et au creux des soupiraux.

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Apocalypse

Mais l’été nous réserve encore de beaux moments de chaleur dans la torpeur de l’après-midi : les deux chevaux du pré le savent bien : installés tête-bêche sous leur arbre favori, ils agitent nonchalamment leurs queues au nez de leur camarade pour chasser les mouches ; de temps à autre, ils soufflent et tapent du pied.

C’est la campagne ; la journée s’écoule lentement ; les enfants réclament de partir vers le bel étang voisin où l’on peut louer des pédalos équipés d’un toboggan, et naviguer joyeusement sous l’œil des mamans assises sur la rive plantée de vieux chênes. Tableau paisible, sans pseudo-musique criarde, où quelques chiens débonnaires n’effraient même pas les bambins occupés à créer des canaux et des châteaux sous un soleil bénin.

Et pendant ce temps-là, un peu partout ailleurs, hélas, chaque journée paye son tribut de violence et de malheur ; il va bientôt falloir y retourner, retrouver les autoroutes à bouchons, et la saleté des rues cabossées ; le président Macron rentre de vacances en promettant de magnifiques surprises, et les députés ne vont pas tarder à renouer avec leurs chères habitudes d’invectives aux Assemblées, et de vaticinations ineptes sur Inter et Info (pas France !) ; les gros médias gavés de subventions délient déjà leurs sacs remplis de demi-mensonges et d’insinuations malodorantes. Et notre société ressemble à un corps malade qui ne se défend plus contre ce qui le ronge… Un peu plus loin, c’est la guerre : les canons, les drones et les chars traquent les hommes embusqués au milieu des décombres et des carcasses.

Vivons-nous un de nos derniers étés de paix ?

Cette évocation peut donner l’idée de lire ou relire l’Apocalypse de saint Jean : vous savez, cette Bête qui monte de la mer, les fameux quatre chevaux, et aussi ces monstres moins connus, mais qui symbolisent bien la guerre : Et de la fumée du puits sortent des sauterelles sur la terre […] Et ces ressemblances de sauterelles sont semblables à des chevaux préparés pour les combat […] et leurs visages sont comme des visages d’hommes… et leurs dents comme des dents de lion. […] Et elles ont des queues pareilles à des scorpions, et il y a des aiguillons dans leurs queues…

Peut-être préférerez-vous accompagner le prophète dans sa contemplation de la cité sainte, la Jérusalem céleste « qui descend du ciel d’auprès de Dieu, préparée comme une fiancée ornée pour son époux », avec ses douze portes gardées par douze anges, semblable à une pierre précieuse, illuminée de l’éclat de Dieu ! Dieu qui, lorsqu’il aura définitivement triomphé, « essuiera toute larme de nos yeux »…

Vivons-nous un de nos derniers étés de paix ? Laisserons-nous la maladie nous dévaster ? Avons-nous trop peur des sauterelles aux dents de lion et aux aiguillons de scorpion pour nous défendre ? Puisse le frais sourire de nos enfants nous donner bon courage pour l’année qui vient !

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