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I-Grande-8152-saint-bernard-dernier-pere-de-l-eglise.aspxSaint Bernard, dernier Père de l’Église est un essai commandé au frère Thomas Merton, alors au sommet de sa notoriété, pour marquer le huitième centenaire de la mort du saint, en 1153, et la parution, en cette occasion de l’encyclique Doctor mellifluus que Pie XII lui consacra.

Cette réédition (Salvator. 137 p, 12,90 €), de l’aveu de l’éditeur, commémore davantage le centenaire de la naissance de Merton que le neuvième centenaire cistercien en 2015. Peut-être n’était-ce pas le meilleur choix à faire. Ce Saint Bernard, annoncé comme « sublime », sent la commande et le travail forcé ; manquent la passion, la complicité qui, liant l’auteur à son héros, font un grand livre. Il ne s’agit pas d’une biographie mais d’une approche succincte de la vie, des écrits, de la pensée de Bernard, suivie d’une paraphrase laborieuse de l’encyclique, d’autant moins utile que le texte de Pie XII figure en annexe. L’on en sort déçu, pour le saint et pour Merton.

Le Père Abbé de l’abbaye cistercienne d’Orval en Belgique, Dom Lode Van Hecque, a choisi de Méditer avec Saint Bernard (Salvator.380 p. 9,90 €). L’exercice n’est pas commode car il s’agit de respecter les critères d’une collection qui se donne pour but de proposer chaque jour au lecteur une pensée d’un auteur spirituel, sans commentaire et en essayant de se raccrocher au calendrier. Dom Van Hecque a une prédilection pour le Sermon sur le Cantique des cantiques où s’exprime, il est vrai, la quintessence de la pensée mystique de Bernard à la fin de sa vie, mais le lire par bribes détachées de leur contexte n’est pas toujours satisfaisant. Ce n’est pas non plus ce que le saint a composé de plus accessible, de sorte que ce petit livre s’adresse à des lecteurs possédant une certaine expérience des choses spirituelles.

Raconter l’évangile aux tout-petits : excellente initiative. Reste à voir comment. Les illustrations d’Anne-Sophie Lanquetin, faussement naïves et franchement laides, couleurs criardes et visages caricaturaux, choquent le regard. Le texte évacue la dimension divine de la Personne du Christ et de Son message et s’en tient, dans un style relâché qui s’imagine pour cela à la portée des jeunes enfants, à quelques gloses sur les paraboles et les conseils évangéliques du genre : « ne tape pas celui qui t’a tapé. » On en émerge vite, heureusement, en se demandant à quoi sert l’album. Seules pages pertinentes et bienvenues, celles du Père Raimbault sur la transmission des évangiles, mais celles-là s’adressent aux parents.

Marie Aubinais et Anne-Sophie Lanquetin : La grande histoire de Jésus, Salvator ; 40 p ; 13, 50 €.

Couv_166717Voici réédité, une fois encore, un classique inégalé de la catéchèse familiale, paru dans les années 30 mais rendu plus indispensable que jamais par la ruine de la catéchèse traditionnelle qui suivit Vatican II. Marie Tribou s’adressait là aux enfants de trois ou quatre ans et sa pédagogie intelligente, prudente, raisonnable n’a pas pris une ride. Partant de la Création, elle racontait toute l’histoire du Salut, avec des mots très simples qui évacuaient les notions trop ardues pour les tout-petits sans cependant rien diminuer des grandes vérités de la foi, initiait aux sacrements, au mystère de la messe, à la prière, aux fins dernières et donnait aux parents l’art d’enraciner les enfants dans la foi chrétienne en leur en inculquant d’abord les comportements.
La méthode, commentée afin d’aider les catéchistes débutants, est remarquable de clarté et d’intelligence. Joëlle d’Abbadie, dont personne, dans les milieux catholiques, ne peut ignorer l’immense talent, la sagesse et l’humour, a entièrement redessiné les illustrations de l’ouvrage, ainsi plus attrayant pour les enfants d’aujourd’hui peu sensibles aux fusains et sanguines d’origine. C’est une réussite totale qui mériterait à elle seule d’acquérir le livre.

Marie Tribou : La Miche de Pain, catéchisme illustré de 1ère année ; illustrations de Joëlle d’Abbadie, Elor ; 575 p ; 38 €.

1507-1Personne n’a oublié l’intervention télévisée de François Hollande le 13 novembre dernier en fin de soirée, alors que l’on commençait à prendre la pleine mesure des attaques terroristes perpétrées à Paris et Saint-Denis. L’apparition du chef de l’État livide, décomposé, au bord des larmes et dont la voix tremblait tandis qu’il affirmait la détermination du gouvernement face aux attentats inspira plus d’inquiétude que de réconfort à une majorité de téléspectateurs…

Comment l’exécutif a-t-il fait face à la menace islamique au long de l’année 2015 ? Bruno dive, qui signe cet essai, s’était posé la question alors qu’il préparait un documentaire, depuis diffusé à la télévision, sur les événements de janvier. En analysant l’attitude du président de la république et de ses principaux ministres après la tuerie de Charlie Hebdo, puis la prise d’otages à la supérette kasher de Vincennes, il concluait à un gouvernement fort, efficace, réactif qui avait affronté brillamment la tempête pour en sortir prodigieusement renforcé, ce alors qu’il sombrait jusque-là dans une impopularité abyssale. Les événements du 13 novembre l’ont obligé à reconsidérer la question…

L’on ne reprochera certes pas à François Hollande et ses collaborateurs d’être humains, et, par conséquent, d’avoir ressenti des sentiments humains d’horreur, d’angoisse, de pitié. Par contre, l’on peut s’inquiéter d’apprendre que nos gouvernants sont restés plusieurs heures, ou plusieurs jours, en état de choc, voire de sidération, comme l’affirme Dive…

Toutefois, ce qui retiendra l’attention dans ce livre souvent complaisant, c’est l’analyse, qui se veut louangeuse et se révèle finalement accablante, des sordides petits calculs politiciens, des récupérations, des manipulations de ces gens qui, confrontés à un péril extrême, n’ont jamais songé au bien commun et à l’intérêt national mais uniquement à la sauvegarde de leur pouvoir et leur système. Système qui, de leur propre aveu, s’est soudain mis à vaciller et pourrait, si de tels événements se renouvelaient, s’écrouler tout de bon. Et cela seul explique, Dive le dit, lucide, la fermeté inattendue et le réflexe sécuritaire du pouvoir. « La République gouverne mal mais elle se défend bien. » Nous l’avons toujours su.

Bruno Dive : Au cœur du pouvoir, Plon ; 220 p ; 15,90 €.

51ed6Sv71VL._SX358_BO1,204,203,200_La bande dessinée réserve parfois, heureusement, de belles surprises. La réédition de la trilogie de Ratte, qui obtint lors de sa parution le Prix international de la Bédé chrétienne, en est le magnifique exemple.

Il ne faut pas hésiter à parler de chef d’œuvre tant il y a d’intelligence, de tendresse, de talent, et d’humour, dans cette lecture décalée des évangiles vus et vécus des coulisses. De l’appel des apôtres, les évangélistes disent seulement que, « laissant tout, ils Le suivirent. » On ne s’est guère demandé ce qu’avaient pu penser de ce choix ceux que les disciples abandonnaient…

Tel est le sujet du livre : Alphée, le père de Matthieu, Jonas, celui de Simon et d’André, Simon l’Iscariote, père de Judas, affolés du départ de leurs fils, et de la situation impossible dans laquelle ces chenapans dénaturés laissent leur famille, partent derrière leurs garçons dans l’idée de les arracher à la désastreuse influence du prétendu Messie et les ramener à la maison. Mais rien ne se passera comme les trois hommes se l’imaginaient…

Bourrés de clins d’œil malicieux à l’actualité, d’une immense humanité, d’un grand respect vis-à-vis de la foi, cet album aux couleurs magnifiques souligne avec intelligence le bouleversement total que représente le message du Christ, cette « révolution de la Croix » qui fera à jamais basculer le monde sur son axe. Et oblige à se demander si nous en percevons encore toute la portée et si nous savons encore la vivre dans sa terrible radicalité.

David Ratte : Le voyage des pères, Éditions Paquet ; 144 p ; prix non communiqué

51xRGHVF8dL._SX327_BO1,204,203,200_Le jeune Efflam, sous-officier des sapeurs-pompiers parisiens, a enfin découvert la vérité sur sa naissance et son abandon : il est le fils du colonel Vladimir Champmartin, officier du Renseignement français, et de la mystérieuse Maria Dünin, son épouse russe, agent du KGB et probablement enlevée par celui-ci au lendemain de la venue au monde du petit Alexis. Lucide, Flamme, presque témoin, dans une précédente affaire, de l’assassinat de son père, doute de jamais retrouver sa mère. C’est compter sans la redoutable Organisation Janus, infiltrée au plus haut niveau du pouvoir mondial, dont Flamme, comme ses parents avant lui, a involontairement déjoué les menées.

Appelé sur un incendie dans les parkings de la place Vendôme, le jeune homme découvre qu’il ne s’agit pas d’une audacieuse tentative de cambriolage chez un grand joaillier. Qui, au ministère de la Justice, est dérangé par le « Dossier Vladimir » au point de supprimer le magistrat instructeur ? La Garde des Sceaux ? Flamme risque fort de se brûler en s’approchant trop d’un terrible secret d’État…

L’ancien officier des sapeurs-pompiers parisiens dissimulé sous le pseudonyme de Capitaine Caval écrit pour les adolescents mais ses romans, admirablement construits et documentés, appuyés sur une solide connaissance des maux de notre société qui nourrissent ses angoissantes intrigues, passionnera les lecteurs adultes, mieux à même, d’ailleurs, de déchiffrer l’arrière-plan politique, spirituel et moral de ces excellents livres.

Capitaine Caval : Place Vendôme ; Via romana ; 248 p ; 12 €.

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