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Jean-Paravisin Marchi d’Ambiegna

Tribunes

1. La glu qui tache

1. La glu qui tache

Par Jean-Paravisin Marchi d’Ambiegna

Il y a désormais, dans la langue publique, une odeur. Une odeur de salle d’attente, de linge tiède, de morale faisandée. L’on y parle avec des gants, l’on y pense avec des béquilles, l’on y marche sur la pointe de l’âme. Ce n’est plus une langue vivante : c’est une langue sous perfusion, administrée par des infirmiers du Bien, des garde-malades de la pensée, toute une domesticité satisfaite qui confond la conscience avec le règlement intérieur.

France

La France, championne officielle de l’Union européenne, qui refuse en secret d’appliquer les textes européens

La France, championne officielle de l’Union européenne, qui refuse en secret d’appliquer les textes européens

Par Jean-Paravisin Marchi d’Ambiegna

La France aime se présenter en championne de « l’Europe du droit ». Les discours officiels invoquent à tout propos l’État de droit, la reconnaissance mutuelle, la libre circulation. Il suffit pourtant d’observer, sur un terrain très concret – la circulation des actes authentiques notariés étrangers portant sur des immeubles situés en France – pour constater un décalage saisissant entre cette rhétorique et la pratique réelle.

Tribunes

Moins on est malin, plus on croit que l’on l’est

Moins on est malin, plus on croit que l’on l’est

Par Jean-Paravisin Marchi d’Ambiegna

Il est des adages dont la pérennité surprend, tant ils paraissent se vérifier dans l’actualité la plus chaude. Celui que me répétaient mes oncles – moins on est malin, plus on croit que l’on l’est – trouve aujourd’hui une application soudaine et méritée dans la controverse suscitée par un propos tenu sur une chaîne (le mot n’est malheureusement pas trop fort) de grande écoute, par un chanteur estimable, davantage au plan des mélodies que des rengaines, mais qui fait partie du paysage musical de nos neurones depuis une quarantaine d’années.

Tribunes

Le vrai beauf !!

Le vrai beauf !!

Par Jean-Paravisin Marchi d’Ambiegna

Il y a des mots qui, déplacés d’un milieu à l’autre, changent de sens comme un drapeau change de main au cours d’une bataille. « Beauf », par exemple. On se souvient des planches de Reiser, des vociférations de Jean Yanne, de l’odeur du formica et du pavillon en meulière. Le beauf, c’était le beau-frère médiocre : sentencieux, vaguement cocardier, amateur de saucisses grillées, de bibelots criards et d’avis définitifs sur tout. Un être rivé au conforme, à l’évident, à l’étroit. Bref : le règne du quelconque.

Tribunes

La mort civile réinventée

La mort civile réinventée

Par Jean-Paravisin Marchi d’Ambiegna

Une partie de l’opinion, agitée par la passion de l’avilissement, s’emploie aujourd’hui à rétablir, sous des formes plus sournoises, l’ancienne mort civile. Il ne suffit plus que l’on critique un homme public, ni même que l’on juge ses actes : il faut désormais l’effacer, le nier comme sujet, interdire que l’on parle de lui autrement qu’en termes de mépris. L’on ne se contente plus de débattre : l’on exige l’ostracisme.