Monde
L’Occident n’est plus
Une partie des intellectuels français trahit notre pays depuis plus d’un siècle, du communisme au wokisme en passant par tous les courants de la gauche.
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Essai salutaire et passionnément instructif que celui de Guillaume Vuillemey, professeur de finance à HEC Paris, consacré à l’une des notions juridiques les plus mystérieuses qui soit, bien qu’elle fasse partie du paysage familier des affaires : la société anonyme.
À responsabilité TRÈS limitée, souligne à juste titre l’auteur, qui nous convie au cœur des arcanes historiques et économiques de cette personne morale (au même titre que l’État ou l’Église) qui, quoique de droit privé, se trouve parfois largement en position de défier des États prétendument souverains – l’exemple des GAFAM est, de ce point de vue, archétypique. Entité commerciale se situant littéralement « hors de communs », car nullement concernée par un quelconque souci du bien commun, l’entreprise anonyme a d’autant plus de facilité à s’affranchir de toute attache territoriale, ce, sans aucune considération pour la société civile qui sera, de toute façon, ravalée à un vaste marché de consommateurs. D’où également sa propension pantagruélique et nocive au gigantisme monopolistique (holding, trust…) et à la démesure. Evidemment, si les profits sont proportionnels à la taille de l’entreprise, les catastrophes qu’elle engendre sur le plan sanitaire ou environnemental le sont également, parce que, comme le relève l’économiste, « au cœur de la responsabilité limitée, il y a une privatisation des gains et une socialisation des coûts des activités économiques ». Auteur remarqué de Le temps de la démondialisation. Protéger les biens communs contre le libre-échange (Seuil, 2022), Vuillemey, poursuivant son examen clinique des pathologies de la modernité capitaliste, appelle à un véritable sursaut pour « réencastrer » l’entreprise dans les communs en la coupant de « l’imaginaire de l’illimité ». On comprend, qu’à cette aune, la soi-disant « responsabilité sociale des entreprises », ne soit que le faux-nez d’un turbo-capitalisme toujours plus effréné. À lire d’urgence !

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