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Bonne année

Il n’est pas encore tout à fait trop tard, ami lecteur pour vous présenter les étrennes et vœux traditionnels de début d’année.

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Bonne année

Comme j’éprouve une grande affection pour vous, affection développée par plus de dix années de chroniques, j’aurais une grosse masse de paquets petits, moyens et gros ornés de faveurs amicales à vous offrir. Tellement grosse, la masse, que je dois me résigner à faire plus sobre que je ne voudrais.

Pour vous mesdames, qui êtes le plus bel ornement de notre humanité, voici l’hommage de mon admiration pour la grâce de votre féminité, la tendresse de votre cœur, le raffinement toujours renouvelé de vos sentiments cachés, comme la séduction envoûtante de vos sentiments avoués, sans oublier la vaillance de votre âme dans les passes difficiles de la vie.

Pour vous, messieurs, qui ressemblez si souvent à un brouillon prometteur, je me permettrai de formuler des vœux de courage, de lucidité et de pertinence dans l’usage du bulletin de vote. Puissiez-vous prendre exemple sur vos mères, compagnes, épouses ou même maîtresses, pour le goût et le bon sens.

À vous, les enfants qui avez l’âge de vous débarbouiller touts seuls, je souhaite de commencer à choisir les idées et les personnes dignes de votre respect et de votre obéissance : vous serez rapidement étonnés (et j’espère rassurés) par leur petit nombre.

À tous, je souhaite de tout cœur d’approcher, d’apprivoiser, puis de chevaucher le cheval de la beauté, de la poësie et de l’amour.

Infiniment variés sont les chemins que l’homme parcourt au pas de son cheval de rêve, d’orgueil, de guerre ou d’amour ; mais au bout de la route, il y a la mort : c’est la réalité que nous suggère magistralement Albrecht Dürer par son admirable et très célèbre gravure, de 1513, Le Chevalier, la Mort et le Diable. Sur cette image, le chevalier tout armé va son chemin, durci par les travaux guerriers : il fait corps avec sa monture, nous apparaît à la fois chaussé de mouvement et revêtu de méditation : à l’image de son maître, le cheval est engagé vers l’avant – en témoigne la vigoureuse diagonale de ses membres ; mais en même temps, nous le percevons dans l’altière immobilité de la statue équestre : le bloc cavalier/monture, par cette sorte d’oxymore visuel nous communique la tension terrible du contingent et de l’absolu, de la Mort et du Vivant et donc l’inanité des choses terrestres. Pour nous guider, nous aider à comprendre, voici la figure de la Mort qui, brandissant un sablier, essaie en vain de capter le regard du chevalier, et dont le cheval, à l’encolure basse et exténuée, semble barrer la route au destrier. Le Diable, à la fois grotesque et effrayant, apparaît dans le dos du chevalier et rappelle, en duo avec la Mort, l’inéluctable et tragique combat des fins dernières. Ici encore, la place et le rôle du cheval sont exemplaires et éminemment symboliques : la monture du Chevalier est à la fois souffle et harmonie, celle de la Mort rappelle le nombre qui règle et rythme le Temps, mystérieuse économie du destin de tous et de chacun…

Puissions-nous tous, dépassant la peur immémoriale, nous tenir prêts pour l’ultime rencontre :

Tu attends le lent cavalier du soir
Sur son haut cheval harnaché de noir…
Il s’en vient !
Son pas est comme un vent calme ;
De sa main droite il te tend une palme ;
Et sous le casque, un sourire d’enfant…

 


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