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Le soutien ? Quel soutien ?

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Le soutien ? Quel soutien ?

Dans toutes les compétitions visant à assurer l’exercice du pouvoir, les candidats recherchent éperdument des « soutiens ». Certains excellent et « font le plein » de soutiens comme s’il s’agissait pour eux de se ravitailler en carburant. D’autres « manquent de soutiens » et les commentateurs les décrivent avec cruauté, errant dans des espaces d’autant plus vides qu’ils sont grands, d’autant plus angoissants qu’ils sont historiquement pesants. Les soutiens sont aussi et surtout l’occasion de multiples reproches :
– Tu avais promis de me soutenir !
– Tu as mal entendu
– Tu as changé d’avis !
– Non, ce sont les circonstances qui ont évolué.

Etc.
Mais le soutien est-il une fin en soi ? Rien n’est moins sûr. Il y a d’abord les soutiens dont on ne veut pas : ceux émanant de personnalités sulfureuses ou supposées telles, d’ennemis d’hier qui continuent à nuire sous des abords pacifiques. Il y a ensuite les soutiens encombrants, ceux qu’on ne peut pas refuser mais dont le caractère intéressé ne présage rien de bon pour l’avenir. Et puis enfin, les soutiens des saints laïcs moralisateurs – les pires figurant dans le Top 10 des « personnalités préférées des Français » – qui posent leurs conditions publiquement, voire demandent des engagements écrits. Le soutien est une notion complexe dont la langue française retrace les nuances par les multiples significations qu’elle lui donne et les merveilleuses expressions populaires qu’elle recense. « Il me soutient comme la corde soutient le pendu » (attribué à Turgot) reste fréquemment employé car universellement constaté. « Nous allons adopter des mesures de soutien à l’économie » signifie en réalité : « nous allons augmenter la dette à coup sûr et les impôts probablement ». Mais ce peut être plus positif : « la septième compagnie interviendra en soutien », ce qui suppose quand même qu’elle ne soit pas commandée par un successeur de Grouchy. Il y a aussi des confusions à ne pas faire : « c’est une thèse que je soutiens » n’a rien à voir avec : « c’est mon souteneur » (et ce n’est jamais la thèse qui parle). Malgré ces difficultés, la chasse aux soutiens continue. Espérés, attendus, désirés… s’ils étaient en outre garantis, promis ou annoncés, alors la déception est grande.
– On n’est jamais trahi que par ses amis !
– Quels amis ? Ça ne risque pas de t’arriver…

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